Sous le silence de Satan

Arte TV a récemment diffusé « Sous le soleil de Satan », film de Maurice Pialat qui obtint une palme d’or controversée à Cannes en 1987.

« Sous le soleil de Satan » est adapté d’un roman éponyme de Georges Bernanos. Les dialogues sont directement inspirés du livre, ce qui, outre une distance temporelle, diffuse un sentiment de désajustement : les personnages principaux, l’Abbé Donissan (Gérard Depardieu) et Mouchette (Sandrine Bonnaire) sont censés être du peuple, mais ils s’expriment dans un français relevé. Continuer la lecture de « Sous le silence de Satan »

Vers la beauté

Dans son dernier roman, « Vers la beauté » (Gallimard), David Foenkinos met en scène des personnages tiraillés entre l’aspiration à la beauté et la réalité de drames personnels.

Antoine Duris est professeur d’histoire de l’art à Lyon. Il est heureux dans sa vie professionnelle, moins dans sa vie personnelle. Il approche de la quarantaine et sa compagne a rompu car, disait-elle, elle ne se voyait pas avoir des enfants avec lui. Continuer la lecture de « Vers la beauté »

Pestilence carcérale

Une caractéristique de la vie en prison, c’est la gangue d’odeurs qui oppresse les détenus comme le personnel de surveillance. Ces odeurs sont parfois pestilentielles.

Lorsqu’on entre pour la première fois en prison, on est souvent assourdi par le vacarme des clés, des portes que l’on bat, des interphones, des ordres criés, des conversations d’une fenêtre à l’autre. Continuer la lecture de « Pestilence carcérale »

Patria o muerte

Le roman « Patria o Muerte » d’Alberto Barrera Tyszka, traduit en français sous le titre « les derniers jours du Commandant » raconte l’étrange atmosphère qui régna au Venezuela à partir de la révélation du cancer du président Hugo Chavez en juin 2011 jusqu’à son décès le 18 février 2013.

Au pouvoir depuis 1999, Chavez « avait refondé l’Etat et le pays comme un système que ne fonctionnait qu’en tournant autour de lui, en prononçant son nom ». Sa maladie, et son mutisme alors qu’il était autrefois capable de parler des heures à des foules hypnotisées, créa un vide vertigineux. Le pays, dit Barrera Tyszka, s’était transformé en salle d’attente, en couloir d’hôpital bruissant de rumeurs et de questions. Continuer la lecture de « Patria o muerte »