Cinéma7 mars 2022Annette

« Annette », film de Leos Carax, a fait l’ouverture du festival de Cannes en 2021 et obtenu le prix de la mise en scène.

Il  s’agit d’un objet cinématographique totalement original, un film musical dans lequel artiste et public dialoguent en chantant, un film profondément humain dont le personnage principal est joué par une marionnette. Il m’a subjugué.

À Los Angeles, une artiste lyrique, Ann Desfranoux (Marion Cotillard) et un comique, Henry Mc Henry (Adam Driver) tombent éperdument amoureux l’un de l’autre. Ils sont la coqueluche de la presse people. Lorsque nait leur petite fille, Annette, le conte de fées atteint son paroxysme.

C’est alors que les choses commencent à se dégrader. Henry est accusé par six femmes d’agressions sexuelles. Ses relations avec son public se dégradent, alors qu’Ann connaît un succès grandissant. Une nuit de tempête, sur le pont de leur yacht, Ann est emportée par les flots. Henry l’a-t-il poussée ?

Annette, la petite fille, a hérité de sa mère Ann une voix prodigieuse. Avec la complicité d’un chef d’orchestre qui fut l’amant d’Ann (Simon Helberg), Henry organise une tournée mondiale du petit prodige. Lorsque, quelques années plus tard, elle visitera son père en prison, elle lui reprochera de l’avoir exploitée et lui annoncera qu’il n’a plus personne à aimer.

Tout est féérique dans ce film, les traversées à moto d’Henry dans les rues désertes de Los Angeles, les concerts d’Annette juchée sur une pyramide lumineuse au cœur d’un stade immense, ceux d’Ann dans un rôle tragique qui préfigure son propre destin.

La respiration, le souffle tiennent un rôle essentiel dans ce film : « je me suis mis à voir tout le film comme une métaphore de la respiration. L’inspiration, le souffle: vie et mort bien sûr, rire et chant, la femme qui doit bien respirer pour donner vie, le souffle qu’à certains moments on retient, dans la vie et au cinéma… Et la respiration comme rythme musical. » L’univers musical de Ron et Russell Mael, les Sparks, est envoûtant.