Le temps des passions tristes

Dans « le temps des passions tristes » (Seuil, 2019), le sociologue François Dubet explique comment la perception individuelle des inégalités sociales s’est peu à peu substituée à la conscience de classe.

 Les passions tristes sont le ressentiment, le sentiment d’abandon, la frustration, la colère, la honte, la résignation. Et par-dessus-tout, « le sentiment de mépris, l’impression d’être invisible ». L’occupation par les gilets-jaunes des ronds-points et l’adoption par eux d’un uniforme destiné à rendre visible un piéton dans la circulation automobile illustre cette revendication de visibilité, de reconnaissance et finalement de respect. Continuer la lecture de « Le temps des passions tristes »

Fuir ou rester

« Celle qui fuit et celle qui reste » est le troisième tome du roman en quatre parties d’Elena Ferrante, « L’amie prodigieuse ».

 « Transhumances » a consacré un article au premier tome de « L’amie prodigieuse », consacré à l’enfance et à l’adolescence de Rafaella Cerullo (Lila) et Elena Greco (Lenù). « L’Amica geniale, storia de chi fugge e de chi resta » couvre la période de 1967 à 1976. Elles ont toutes deux 23 ans au début du livre. Continuer la lecture de « Fuir ou rester »

Virus ennemi

Dans « Virus ennemi, discours de crise, histoire de guerres » (Tracts Gallimard, juin 2020), Jean-Noël Jeanneney s’interroge sur les parallélismes et les différences entre la « guerre au virus » et les conflits mondiaux du vingtième siècle.

 Dans son émission « Concordance des temps », sur France Culture le samedi matin, Jean-Noël Jeanneney s’attache à éclairer le présent par les leçons du passé. Lorsque le président de la République déclare, le 16 mars 2020, la guerre au Coronavirus, et lorsqu’il le décrit le 13 avril comme un ennemi « invisible, insaisissable et qui progresse », il fait appel à la mémoire collective d’autres états de guerre, celui de 1914 et celui de 1940. Continuer la lecture de « Virus ennemi »

Le rire et la mort de Dieu

Dans « Le rire et la mort de Dieu, de la complicité de Dieu et du Diable » (Bayard, 2020), Bernard Sarrazin évoque son itinéraire de chrétien areligieux à travers le prisme de la relation souvent conflictuelle entre le rire et la religion.

 Bernard Sarrazin plaide pour un christianisme areligieux ou d’un athéisme chrétien consistant à vivre, comme le proposait Dietrich Bonhoeffer, « devant Dieu, mais sans Dieu. » Un christianisme « débarrassé du concept usé de Dieu, celui « des philosophes et des savants » dit Pascal, c’est-à-dire le Dieu d’un christianisme hellénisé, pour ne garder que la foi dans le « Dieu vivant », le « Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob », le Dieu de l’Alliance ». Une foi moderne qui assume aussi le doute. Continuer la lecture de « Le rire et la mort de Dieu »