Beyrouth-sur-Seine

Dans « Beyrouth-sur-Seine » (Stock 2022), Sabyl Ghoussoub raconte l’exil à Paris de ses parents, empêchés de rentrer au pays par la guerre civile (1975 – 1990) et par ses séquelles jusqu’aujourd’hui. Son récit a obtenu le prix Goncourt des lycéens.

Le livre oscille entre les années de guerre et la période récente, marquée par la révolte des jeunes d’octobre 2019 et l’explosion qui a détruit le port de Beyrouth le 4 août 2020. La colère affleure : « je suis très en colère, par les victimes de l’explosion du port, qui malheureusement sont complètement délaissées, par les victimes de la crise économique, par ces massacres pendant la guerre du Liban qui n’ont pas encore été jugés, » dit l’auteur à France Info. Continuer la lecture de « Beyrouth-sur-Seine »

Qui sont les djihadistes français ?

Le Ministère de la Justice a récemment publié un étude intitulée « Sociologie du djihadisme français ».  Réalisée auprès de plus de plus de 350 djihadistes incarcérés dans les prisons françaises par Xavier Crettiez et Romain Sèze avec la collaboration de la magistrate Jennifer Boirot, cette étude vise à mieux comprendre l’environnement des djihadistes et à éclairer leurs motivations.

Elle se fonde sur 353 rapports d’évaluation établis dans le cadre des quartiers d’évaluation de la radicalisation ainsi que sur 137 rapports rédigés par des médiateurs du fait religieux. Elle est structurée autour de 110 informations collectées auprès des détenus interviewés, concernant leur origine géographique, leur nationalité, leur âge, leur situation familiale, leurs conditions socio-économiques, leurs éventuels antécédents délinquants et criminels, leurs possibles vulnérabilités psychologiques, leurs rapports à la religion, leurs rapports à la politique, leurs rapports à la cause djihadiste. Continuer la lecture de « Qui sont les djihadistes français ? »

Chronique d’étonnement n°33

Je souhaite partager dans « transhumances » ce qui m’a étonné, dans ma vie personnelle comme dans l’actualité.

 Dans cet article de transhumances, je dis mon émerveillement devant le monde des insectes, en particulier les libellules dont les capacités en vol sont étonnantes. Et je m’étonne que l’usage du gel hydroalcoolique pendant les messes solennelles catholiques n’ait pas (encore) été ritualisé. Continuer la lecture de « Chronique d’étonnement n°33 »

Un récit de ténèbres et d’espoir

Dans « un récit de ténèbres et d’espoir » (Bloomsbury 2016, non traduit en français), Erwin James raconte son enfance cabossée et la longue dérive vers l’alcoolisme et la violence, sanctionnée en 1984 par une condamnation à la prison à perpétuité pour un double meurtre.

Il raconte aussi son long processus de rédemption grâce à une psychologue de prison, Joan Branton, à qui le livre est dédié. Le titre du livre en anglais est d’ailleurs « Redeemable, a memoir of Darkness and Hope ». Le vocable « Redeemable », que l’on peut traduire par « rachetable » appartient à la théologie chrétienne de la rédemption. Dans le lexique de la France laïque, on utiliserait probablement « réinsérable », pour désigner une personne qui parvient à changer de route et à se réconcilier avec la société. Continuer la lecture de « Un récit de ténèbres et d’espoir »