Liberté, j’écris ton nom

Le célèbre poème écrit en 1942 par Paul Éluard, « liberté, j’écris ton nom », prend pour moi une signification particulière depuis que je visite des personnes détenues.

 J’apprends à savourer chacun des moments de ma liberté en prenant conscience de ce qu’ils pourraient ne pas exister. Il y a certes d’autre privations de liberté que celles de la maison d’arrêt : la grande pauvreté, la grave maladie ou encore la dépression. Mais lors de mes visites hebdomadaires à des prisonniers, je mesure ma chance de vivre libre. Continuer la lecture de « Liberté, j’écris ton nom »

Letchi

L’adoption d’un jeune chat est une expérience gratifiante qu’il faut aborder avec subtilité.

 Tout était programmé. Nous adopterions un petit chat après les turbulences de l’été, ce serait un chat de gouttière,  une femelle, elle s’appellerait Letchi, elle ne serait ni rousse ni noire. Une annonce sur « le bon coin » nous permet d’identifier la perle rare. Continuer la lecture de « Letchi »

Un Lyonnais à Guantanamo

The Guardian du 12 août reproduit un article initialement publié par le New York Times du romancier américain John Grisham. Il dénonce le scandale du pénitencier de Guantanamo à partir d’un cas précis, celui de Nabil Hadjarab, jeune algérien qui a grandi près de Lyon. Actualisation au 6 septembre. Nabil Hadjarab a été libéré de Guantanamo et transféré en Algérie. Le mouvement d’opinion se poursuit pour qu’il soit autorisé à vivre en France, le pays où il a grandi.

 « Il y a environ deux mois, j’ai appris que quelques uns de mes livres avaient été bannis de Guantanamo Bay. Apparemment, des détenus les demandaient, et leurs avocats les amenaient à la prison, mais ils n’étaient pas autorisés à cause d’un « contenu inadmissible ». Continuer la lecture de « Un Lyonnais à Guantanamo »

Bénévolat

Dans nombre d’associations caritatives françaises s’exprime un sentiment de malaise lorsque les relations avec les services sociaux sont trop confiantes : n’y a-t-il pas un piège ? Ne risque-t-on pas de se substituer à l’Etat pour des missions qu’il devrait normalement remplir ?

 Il y a chez certains militants associatifs une crispation. Pour eux, le bénévolat doit se cantonner strictement à des services additionnels à ceux que l’Etat est tenu de fournir à tous les citoyens. Dans un domaine que je commence à connaître, celui des visiteurs de prison, le rôle des bénévoles devrait, selon eux, se limiter strictement à donner gratuitement du temps aux personnes incarcérées. Ils devraient veiller à ne pas interférer avec les missions du service pénitentiaire d’insertion et de probation. S’ils sortaient de leur rôle strict de visiteur, s’ils participaient à d’autres actions pour prévenir la récidive, alors ils donneraient à l’Etat un prétexte en or pour ne pas accomplir les tâches qui sont les siennes, pour ne pas recruter le personnel qu’il faut et ne pas débloquer les crédits nécessaires. Continuer la lecture de « Bénévolat »