CinémaEuropeHistoireTélévision7 novembre 2021Dans la gueule du loup

Arte TV a récemment diffusé « Dans la gueule du loup », polar de Josef Rusnak (2019) dans lequel affleure le souvenir des violences de la guerre en Yougoslavie, il y a un quart de siècle.

 Dans une forêt habitée par des loups, le corps d’un petit garçon, Darijo Tudor, est retrouvé deux ans après sa disparition. Son père Darko (Stipe Erzeg), un homme violent, est suspecté de l’avoir assassiné. Mais l’autopsie révèle que Darijo a subi des violences bien avant sa mort. Il vivait dans l’hôtel particulier de Günter Reinartz, un homme d’affaires dont sa mère était la femme de ménage.

 L’enquête est confiée au Commissaire Lutz Gehring (Max Riemelt), qui fait équipe avec une jeune policière, Samela Beana (Nadja Bobyleva). Celle-ci est d’origine croate, comme les Tudor. Elle a participé à l’enquête sur la disparition du petit garçon. Elle a des raisons personnelles de se mêler à cette affaire.

A-t-elle manqué de curiosité lorsqu’elle entendait des appels au secours lors de la perquisition de la maison Reinartz ? Tudor serait-il le milicien qui assassina sa mère pendant la guerre en Yougoslavie ?

Samela et Darko ont des comptes à régler avec la violence. Samela est entrée dans la police, l’outil de la violence légitime, et pratique la boxe dans un club géré par son père. Tudor s’est épris des loups et de leur règle de vie : pas de pitié pour les faibles.

 Peu à peu, l’attention se détourne de Darko Tudor pour se concentrer sur la maison Reinartz. Pourquoi Lida, mère de Darijo, a-t-elle épousé son ancien employeur ? Que savaient les fils de Günter, Tristan et Siegfried, de la mort de Darijo ? Risquant le tout pour le tout, Samela se fait passer pour la nouvelle femme de ménage. Elle approche de la vérité, au risque de s’y faire brûler les ailes.

 J’ai aimé ce film, qui parle de l’Allemagne d’aujourd’hui. L’immigration y joue un rôle croissant. Son passé n’est plus seulement allemand. Il est aussi turc ou croate, cosmopolite.