La Nuit des Rois

Dans « la Nuit des Rois », Philippe Lacôte fait vivre au spectateur la nuit de la lune rousse dans une prison africaine. Un caïd vit les dernières heures de son pouvoir et de sa vie ; un jeune homme mourra s’il cesse de raconter des histoires avant que se lève le jour.

 La prison est la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan, la MACA. Le hasard veut qu’elle soit aussi le cadre du programme de justice réparatrice décrit par Thérèse de Villette dans un livre qui a fait l’objet du précédent article de « transhumances ». Deux visions opposées : dans le livre de Villette, l’administration pénitentiaire pilote une innovation ; dans le film de Lacôte, le directeur baptisé Nivaquine (Issaka Sawadogo) et les surveillants sont retranchés dans une pièce et n’ont d’autre alternative que de regarder passivement ce qui se passe ou de tirer dans le tas. Continuer la lecture de « La Nuit des Rois »

La justice réparatrice, une justice nouvelle enracinée dans la tradition africaine

Dans « La justice réparatrice. Une justice nouvelle enracinée dans la tradition africaine » (L’Harmattan, 2021) Thérèse de Villette propose au lecteur un véritable manuel de la justice réparatrice, entrée sous le nom de « justice restaurative » dans la législation française en 2014.

Le titre du livre peut laisser penser que la justice réparatrice trouve ses racines en Afrique. En réalité, elle s’est développée principalement au Québec, où Thérèse de Villette l’a pratiquée avant de réaliser, en Côte d’Ivoire, deux programmes : des rencontres détenus-victimes dans une prison d’Abidjan ; des rencontres offenseurs-victimes dans un village de l’est du pays, où la guerre civile avait laissé de graves traumatismes. Continuer la lecture de « La justice réparatrice, une justice nouvelle enracinée dans la tradition africaine »

Afghanistan : le rouleau compresseur écrasé par une petite fleur rose

Le quotidien britannique The Guardian a publié le 9 janvier 2018 un article passionnant d’Alfred W. McCoy annonçant la défaite américaine en Afghanistan : « Comment le commerce de l’héroïne explique l’échec des Etats-Unis et du Royaume Uni en Afghanistan : un rouleau compresseur militaire arrêté par une petite fleur rose ».

La petite fleur rose, c’est le pavot, à partir duquel sont produits l’opium et l’héroïne. Le rouleau compresseur militaire, c’est une guerre qui a coûté aux États-Unis plus de 1 000 milliards de dollars, coûté la vie à de plus de 2 300 de leurs soldats et mobilisé jusqu’à 350 000 soldats afghans. Continuer la lecture de « Afghanistan : le rouleau compresseur écrasé par une petite fleur rose »

Dans le vent violent de l’histoire

J’ai été passionné par l’autobiographie de Zoltan Veress, né en 1932 à Budapest et mort en 2010 à Bruxelles. Son titre : « Dans le vent violent de l’histoire, Parcours d’un enfant de la révolution hongroise » (Les éditions de Paris, 2011)

 L’ouvrage comporte deux parties. La première, « un enfant du Danube », couvre les 24 premières années de la vie de Zoltan, de sa naissance à la révolution hongroise et sa fuite en Belgique. La seconde, « Retourner la peau du destin » raconte ses études universitaires en parallèle de mille petits boulots et l’accomplissement de son projet de vie : devenir psychanalyste. Continuer la lecture de « Dans le vent violent de l’histoire »