CinémaHistoire18 septembre 2022Stavisky

Arte TV a récemment diffusé « Stavisky », film d’Alain Resnais sorti en salles en 1974 sur un scénario de Jorge Semprun, avec Jean-Paul Belmondo dans le rôle principal.

 Le film évoque les dernières années de la vie de Serge Alexandre Stavisky, dit « le beau Sacha », décédé dans des circonstances troubles à Chamonix en 1934 à l’âge de 47 ans.

Installé à l’hôtel Claridge, Stavisky (Jean-Paul Belmondo) mène grand train. Quand son collaborateur Borelli (François Périer) lui fait observer qu’il est en situation de faillite, il lui répond que c’est la confiance des gens qui lui permet de faire des affaires, et qu’elle lui permettra de s’en sortir. Dépenser des millions alimente cette confiance. Être plus économe alimenterait des soupçons.

Serge Alexandre est un séducteur né. Lorsqu’un homme de Franco cherche à cacher des financements occultes en prévision du putsch, Il lui propose un compte secret à Genève. Dessous de table à l’appui, il obtient l’appui d’hommes politiques. Les procédures contre lui s’enlisent mystérieusement. Le maire de Bayonne couvre l’émission de faux bons par la Caisse de Crédit Municipal contrôlée par lui.

 La vie de celui qu’on nommera l’escroc du siècle est un tourbillon, d’une ville à l’autre, d’une affaire à l’autre. Il a pourtant des faiblesses : sa passion pour la belle Arlette (Anny Duperey), pour qui aucune folie n’est impossible ; le souvenir de son père, chirurgien-dentiste qui s’était suicidé pour ne pas avoir pu rembourser les dettes de son fils précocement engagé dans une vie d’escroc.

Le scandale Stavisky provoquera les émeutes d’extrême droite antiparlementaire du 6 février 1934. Celles-ci entraîneront indirectement l’expulsion de France de Léon Trotski, qui s’y était réfugié. Stavisky était, comme Trotski, d’origine juive et russe : le fait divers d’un escroc rattrapé par son destin rejoignait ainsi la grande histoire. Alain Resnais met en parallèle les derniers mois de Stavisky et le séjour en France du dirigeant bolchevik pourchassé par Staline. C’est peut-être la partie la moins convaincante de son film.