Le Porge, 26 août 2026

Le 26 août 2026, un mois après les incendies qui ont dévasté la Gironde et les Landes et détruit 183 maisons dans la commune du Porge, la Préfète et plusieurs officiels sont venus à la rencontre des habitants. La réunion a été houleuse. Patrick Lagadec, expert international en gestion des risques, propose une analyse et des propositions sur l’organisation de réunions publiques à la suite d’un désastre.

Patrick Lagadec a récemment posté sur le réseau social LinkedIn deux articles intitulés « réunions publiques post-désastres, réfléchir aux grammaires d’écoute ». Il salue « le courage des responsables venus dans un chaudron de douleur ». Mais loin de répondre aux attentes des habitants, la réunion au Porge a révélé une profonde incommunication et généré des frustrations. Continuer la lecture de « Le Porge, 26 août 2026 »

Écoute active

L’Association Nationale des Visiteurs de Personnes sous main de justice (ANVP) a tenu le 30 mai dernier son congrès à la Cité Universitaire Internationale de Paris sur le thème de l’écoute.

Une quinzaine d’intervenants ont participé à des tables rondes explorant les pratiques d’écoute sous différents angles, en commençant par l’écoute des victimes. Les visiteuses et visiteurs rencontrent des auteurs de crimes ou de délits. Ils ne cherchent pas savoir ce qu’ils ont commis, et restent simplement à l’écoute des récits que ceux-ci souhaitent, ou non, faire entendre. Mais ils sont conscients que des victimes existent en arrière-plan. Parfois se joue un effet de miroir : les auteurs d’aujourd’hui ont parfois subi des violences quand ils étaient enfants. La plupart de ceux qui peuplent les prisons ont subi dans l’enfance des traumatismes ou des carences graves. Continuer la lecture de « Écoute active »

À égalité, une justice en chemin

En 2019, Fabrice Gand, médiateur en communication non violente, a pris l’initiative de faire randonner ensemble pendant 4 jours des détenus, des surveillants et des étudiants de Sciences Po. Il a réalisé un documentaire, « À égalité,  une justice en chemin », qui rend compte de cette expérience.

La randonnée a pour cadre la Dordogne, et pour origine le centre de détention de Neuvic. Quatre détenus, deux surveillants et une conseillère d’insertion et de probation se sont portés volontaires. Ils sont accompagnés par six étudiants de Sciences Po, dont certains se destinent à la magistrature. Ils sont rejoints, en cours de randonnée, par le président du tribunal de grande instance de Périgueux. Continuer la lecture de « À égalité, une justice en chemin »

L’université de la prison romaine de Rebibbia

Dans « L’università di Rebibbia », Goliarda Sapienza raconte avec passion et humour son séjour au quartier femmes de la prison romaine de Rebibbia en 1980 où elle avait été enfermée à la suite d’un vol de bijoux. Ce récit autobiographique, publié en Italie en 1983, a été traduit en français par Nathalie Castagné en 2013 aux Éditions Le Tripode. Les citations incluses dans cet article ont été traduites par l’auteur de Transhumances.

 La prison de Rebibbia où Goliarda a été incarcérée en 1980 ne ressemblait pas aux maisons d’arrêt françaises. En France, le système pénitentiaire cherche à isoler le plus possible les personnes détenues, à les maintenir dans une cellule, idéalement seules dans un tout petit espace. À Rebibbia, une fois passé le glacial « cheminement d’immersion dans la peine » des premiers jours,  les pièces sont ouvertes. Lors des fêtes entre détenues, on consomme le vin et la bière qu’on a cantinés. Continuer la lecture de « L’université de la prison romaine de Rebibbia »