A Rochetaillée, le premier musée de l’automobile

 

Voiture ancienne au musée Hneri Malartre. Photo "transhumances"

Le musée Henri Malartre à Rochetaillée sur Saône, au nord de Lyon, est le premier consacré en France à l’automobile.

 Le musée, fondé en 1959 par Henri Malartre, occupe un château en aplomb de la Saône, complété par un espace d’exposition plus moderne. On y découvre que Lyon, comme Coventry en Angleterre, fut un berceau de l’automobile. Au début du vingtième siècle, une centaine d’ateliers produisaient de manière artisanale des bicyclettes, des vélomoteurs et des voitures autotractées. Avec l’industrialisation de la production de véhicules, leur nombre diminua dramatiquement. Après la seconde guerre mondiale, il ne restait plus que Berliet, reconverti aux poids lourds.

 La collection permet de suivre l’évolution de l’automobile, née initialement comme un produit de luxe destiné à des originaux fortunés qui prétendaient mouvoir leur calèche à l’aide d’un moteur au lieu de chevaux. La voiture se dote peu à peu d’un habitacle fermé, puis recherche l’aérodynamisme. Elle se démocratise peu à peu avec la Ford T, la 2cv Citroën, la 4cv Renault.

 Il y a, dans la collection du musée Henri Malartre, des objets au design magnifique. On retiendra aussi quelques objets historiques tels que la calèche (non automobile) dans laquelle le président Sadi Carnot fut assassiné à Lyon le 25 juin 1894 et la voiture d’apparat d’Hitler saisie par la Division Leclerc à Berchtesgaden. Le musée présente actuellement une intéressante exposition sur l’histoire des cartes routières.

Promenade lyonnaise

Lyon, boutique consacrée au Guignol. Photo "transhumances"

Pascale et Daniel, lyonnais depuis 8 ans, nous ont fait découvrir leur ville par un week-end ensoleillé de juin.

 Le point de départ de la promenade est l’esplanade de Fourvière, derrière la basilique. On y découvre un large panorama sur la ville, qui s’étend jusqu’aux premières pentes des Alpes. Un sentier du rosaire, balisé de plaques de cuivre gravées d’une rose, nous permet de descendre jusque dans le quartier ancien en profitant de l’ombrage. Nous remonterons ce soir par la « Ficelle », le funiculaire.

Lyon, quartier Saint Jean. Photo "transhumances"

 Le quartier de la Cathédrale Saint Jean a conservé son caractère moyenâgeux. On circule dans des rues étroites dont les façades sont souvent anciennes, et on s’esquive dans les traboules, couloirs obscurs qui vont d’une rue à l’autre et révèlent parfois une jolie architecture intérieure. Des vitrines de boutiques évoquent l’histoire réelle ou rêvée de Lyon, des soyeux au Guignol.

 Nous passons sur la presqu’île entre la Saône et le Rhône. La Basilique Saint Martin d’Ainay, de style roman, frappe par l’harmonie de ses proportions. Nous poursuivons la promenade dans le quartier de Bellecour et jusqu’à la Place des Terreaux.

 Revenus à Fourvière, nous visitons la Basilique. Il y a une dizaine d’années, des répliques des madones les plus vénérées au monde ont été installées dans la crypte, de Fatima à Chestokowa et du Mexique aux Philippines. Ceci convient bien à cette ville d’une beauté modeste mais rayonnante, ancrée dans une tradition mystique.

Lyon, près de la passerelle Saint Georges. Photo "transhumances"

 

Hymne à la pluie

Jubilée sous la pluie. Photo The Guardian

Bien que commencé sous les auspices d’une alerte sècheresse, le printemps 2012 a été particulièrement humide en Grande Bretagne. La parade sur la Tamise à l’occasion du Jubilée de la Reine Elizabeth II sous des trombes d’eau a conforté l’image d’un pays vivant une relation passionnelle avec la pluie. C’est ce que Stuart Jeffries décrit sur le mode humoristique dans un article du Guardian intitulé « voici la pluie : pourquoi secrètement nous aimons quand le temps est humide. » L’article continue : « une autre année, un autre été pourri. Nous n’aimons rien tant que nous lamenter sur le temps horrible. Et pourtant, si nous apprenions à aimer simplement nos jours pluvieux ? »

 « De tous les symboles du déclin de la civilisation britannique, dit Stuart Jeffries, aucun n’est plus poignant que la construction d’un toit rétractable au dessus du court central de Wimbledon en 2009. L’idée était d’écarter la pluie et de conserver le tennis. Quelle erreur ! Le tennis ? Personne ne va à Wimbledon pour regarder le tennis. On y va pour sentir la pluie dégouliner le long de son dos, pour voir diluer son Pimms (l’équivalent britannique de la sangria), tremper ses sandwiches et interrompre le cafardeux spectacle du tennis.

 « C’est la pluie que nous aimons vraiment. C’est seulement que nous n’osons pas l’admettre. Nous nous plaignons de ce qu’elle gâche notre été parce que nous sublimons notre passion. Nous sommes épris, trempés à l’intérieur de nous-mêmes, d’un amour qui n’ose pas dire son nom. Pensez-y. Nous nous acharnons à imaginer des situations pour rencontrer la pluie, pour en parler, pour nous immerger en elle, pour affecter du dédain à son égard.

 (…) Quand il a plu sur la Parade de la Reine sur la Tamise, le monde a vu la Grande Bretagne comme une nation qui avance sans se préoccuper du temps, avec l’esprit indomptable que l’on nous attribue, à nous les gars trempés par la pluie, sexuellement réprimés et gris dans l’âme. (Pourtant), aucun des spectateurs mouillés auraient pu être plus heureux d’être là. »

The Real Thing

 

Geral Kyd (Henry) et Marianne Oldham (Annie) dans The Real Thing

Le Palace Theatre de Watford vient de présenter une pièce écrite par Tom Stoppard en 1982, « The Real Thing ».

 Tom Stoppard, né en 1937 en Moravie et émigré eux ans plus tard dans les possessions de l’Empire Britannique pour fuir les persécutions nazies, est un dramaturge connu en Grande Bretagne. Il a en particulier coécrit le scénario du film Shakespeare in Love.

 Dans « The Real Thing » (la Réalité), c’est aussi un dramaturge, Henry, qui s’efforce de vivre sa vie de la manière la plus honnête, ou la plus romantique, possible. Le premier acte nous montre la rupture avec sa première femme, Charlotte, qui le trompait effrontément, et le début de sa relation avec Annie. Dans le second acte, Annie à son tour confesse une relation extraconjugale mais jure à Henry son amour, non exclusif.

 Quelle est la réalité de l’amour d’un homme et d’une femme ? Annie comme Charlotte est comédienne. La première scène est « une pièce dans la pièce », Charlotte jouant le rôle de l’infidèle ; plus tard, dans le deuxième acte, nous verrons aussi Annie répétant un dialogue avec un homme qui est aussi son amant. Ce jeu de miroir entre les personnages eux-mêmes et les personnages jouant comme comédiens, brouille la carte des relations. « Are you all right ? » – « est-ce que tu vas bien ? » revient comme un refrain obsessionnel : jouent-ils à l’amour ? Aiment-ils vraiment ?

 Annie milite pour la libération d’un militant, Brodie. Celui-ci écrit des textes politiques que Henry juge dénués de talent. Il compare le métier du dramaturge à une batte de cricket : elle est capable de projeter une balle à des centaines de mètres avec une accélération formidable. Le mauvais écrivain est celui qui se sert d’une batte comme d’un vulgaire morceau de bois.