Le tableau volé

Arte TV a récemment diffusé « Le tableau volé », film de Pascal Bonitzer (2024) qui emmène le spectateur dans le marché de l’art et les salles des ventes.

Le film s’inspire d’un fait réel. Dans les années 2000, à Mulhouse, un jeune ouvrier découvre dans sa maison un tableau qu’il a la bonne idée de faire expertiser. Il s’agit des « tournesols » d’Egon Schiele, œuvre qui avait disparu dans la tourmente de la seconde guerre mondiale.

On apprend que le tableau, volé par les Nazis et considéré comme un art dégénéré et de faible valeur, avait été donné comme un pourboire à un indicateur, qui l’avait conservé sans y prêter attention. Un commissaire-priseur, André Masson (Alex Lutz) s’intéresse à l’affaire, apportée par une consœur alsacienne, Maître Engerman (Nora Hamzaoui). Il fait expertiser le tableau par son ex-épouse, Bertina (Léa Drucker).

Le résultat de l’expertise est sans appel : le tableau est un original. Lorsque Martin (Arcadi Radeff), le jeune découvreur du tableau, demande à combien il est évalué, André lui répond « 10 à 12 ». Dix à douze mille ? Non, dix à douze millions… Pour le jeune homme, c’est un autre monde qui s’ouvre, inconcevable, probablement inhabitable pour lui.

Les propriétaires légitimes du tableau sont la famille Wahlberg, descendante des Juifs spoliés par les Nazis, installée aux Etats-Unis. Une négociation s’engage : quelle part du produit de la vente ira à la famille, à la maison de vente Scottie’s dont André Masson est un employé, au jeune qui  a découvert le tableau ?

Sur recommandation de son patron, André a dû recruter Aurore (Louise Chevillote), une jeune femme qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Aurore a une caractéristique : elle ment comme elle respire. Et elle perçoit le mensonge chez les autres. Lorsque l’avocat des Wahlberg monte une escroquerie dont il sera bénéficiaire, Aurore a tôt fait de le pressentir et d’alerter André, lui faisant éviter une catastrophe.

« Le tableau volé » est un film bien ficelé, qui fait plonger dans l’univers trouble de commerce de l’art de haut niveau. Il est aussi intéressant pour la confrontation entre deux univers, celui de gens habitués à vivre sur un grand pied, et celui de camarades d’usine pour qui l’art moderne est aussi inconnu que l’aisance financière.

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