Vivaldi et moi

Dans son film « Vivaldi et moi », Damiano Michieletto raconte le rêve brisé et l’émancipation malgré tout d’une pensionnaire d’un hospice de pitié à Venise, repérée par Antonio Vivaldi.

À vrai dire, le titre Italien du film, Primavera (Printemps) est plus adéquat que son équivalent français, qui semble pointer vers un biopic du violoniste et compositeur Antonio Vivaldi (1678 – 1741). Le personnage principal est Cecilia (Tecla Insolia). Elle a été abandonnée à sa naissance et confiée à l’Ospedale della Pietà. Elle a maintenant une vingtaine d’années, l’âge de se marier.

L’hospice enseigne aux petites filles qui lui sont confiées les tâches ménagères, la lecture, l’écriture et la musique. Les plus douées intègrent le chœur ou l’orchestre de l’institution. Des concerts sont organisés dans la chapelle pour les grands donateurs. Les musiciennes sont masquées et dissimulées du public : nul ne doit voir leur visage.

Lorsque commence le film, vers 1705, Antonio Vivaldi (Michele Rondino) vient de reprendre la fonction de maître de musique qu’il avait abandonnée trois ans plus tôt. Vite, le maître remarque Cecilia, à qui il confie le rôle de premier violon, plus en raison de la personnalité que de ses prouesses musicales.

Les pensionnaires vivent dans l’Ospedale sous le régime d’une stricte clôture. Elles ont vocation à être données en mariage à de riches veufs, nobles, hommes d’affaires, militaires. Avant le mariage, un médecin vérifie leur virginité. Après le mariage, elles deviennent possession sexuelle de leur mari et femmes d’intérieur. Elles doivent renoncer à la musique.

Cecilia, grâce à la musique, parvient à se libérer de son obsession pour retrouver sa mère. Elle rêve de liberté. Son désir d’émancipation est réprimé par la mère supérieure (Fabrizia Sacchi). Sa passion pour la musique est brutalement stoppée. Mais elle veut s’en sortir – sortir de l’Ospedale – à tout prix, et la mère supérieure finira par l’y aider.

Tout est magnifique dans ce film, les décors, les personnages féminins, et naturellement la musique, interprétée par l’orchestre de la Fenice.

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