Fouad Elkoury par Fouad

LCP, la chaîne parlementaire, a récemment diffusé « Fouad Elkoury par Fouad », réalisé par Kamy Pakdel en 2023. Le photographe franco-libanais, né en 1952, raconte sa vie en redécouvrant les clichés qu’il a pris en un demi-siècle de carrière.

La vie de Fouad Elkoury est marquée par les désastres qui ont frappé, et frappent encore, le Liban : la guerre civile (1975 – 1990), l’invasion israélienne et l’exil de Yasser Arafat, l’explosion dans le port de Beyrouth (2020). Ce dernier événement a eu une conséquence directe pour Elkoury : la destruction de sa maison, la décision de vivre dans la montagne du Liban avec un chien adopté et de ne plus photographier d’humains.

On a parfois considéré Fouad Elkoury comme un photographe de guerre. Il a été environné par la guerre, il n’est jamais parti en mission pour prendre des clichés sensationnels en pleine action. Il se définit comme un capteur d’émotion. En regardant ses clichés, il observe qu’il y a toujours quelque chose d’insolite, qui ne devrait pas s’y trouver. Entre deux maisons en ruine, un vendeur ambulant qui n’a rien à vendre. Comme moi-même, constate le photographe désabusé.

L’artiste témoigne de l’inconnu, de la vie et de la condition humaine. Il a longtemps espéré que son travail changerait la face du monde. Dans le quartier palestinien de Jérusalem, il prend des photos de gens humbles, espérant casser, dans l’opinion publique israélienne, l’équation Palestinien = terroriste. Au soir de sa vie, il constate son échec et le considère comme irrémédiable : mes photos n’ont servi à rien.

Certaines photos, commente Fouad, expriment de la détresse à l’état pur. Le désespoir rend le documentaire de Kamy Pakdel bouleversant. Les douzaines de photos de Fouad Elkoury qui émaillent le film touchent au sublime.

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