Je souhaite partager dans « transhumances » ce qui m’a étonné, dans ma vie personnelle comme dans l’actualité.
Dans cet article, je m’étonne que l’aphasie d’un astronaute ait causé le rapatriement sanitaire d’urgence de l’équipage ; je découvre un monde sonore nouveau grâce à l’acquisition de prothèses auditives ; et je m’émerveille du chemin parcouru par un petit garçon en seulement quinze jours de vacances.
Aphasie
En janvier dernier, quatre astronautes de la station spatiale internationale ont été ramenés en urgence sur terre. Ce rapatriement sanitaire avait pour cause l’aphasie soufferte par l’un des astronautes, Mike Fincke, 59 ans. En prenant son repas, il s’était soudain trouvé incapable de parler.
Dans The Consersation France, le chercheur en sciences de la communication Didier Courbet explique en quoi consiste ce trouble « qui entraîne non seulement de grandes difficultés de communication, mais aussi une grande détresse psychique, affecte des centaines de milliers de personnes en France. »
Ouï-dire
Dans son sketch « ouï-dire », Raymond Devos remarquait que le verbe ouïr est l’un des plus irréguliers de la langue française. Il s’en donnait à cœur joie : « l’ouïe de l’oie de Louis oit-elle ce que nous oyons ? » Ou encore : « Dieu, ce que j’ois est triste ! ».
L’ouïe a figuré parmi mes préoccupations ces derniers mois. Faute d’ouïr (entendre) correctement, je devais m’approcher du téléviseur. En situation de réunion, des interventions m’échappaient. Je me suis résolu à me faire appareiller de prothèses auditives.
Du point de vue fonctionnel, la correction est efficace : téléviseur et réunions ne sont plus sources de frustration. Mais les prothèses ne m’ont pas ramené à la situation d’avant ma surdité relative. C’est un univers sonore nouveau que j’explore. À bicyclette en forêt, les chants d’oiseau envahissent mon crâne. En ville, crissements, frottements, chuchotements concurrencent sifflements et vrombissements, À les ouïr, je jouis.
Tu as beaucoup grandi !
« Tu as beaucoup grandi ! » dit sa maîtresse de petite section de maternelle à un garçon de trois ans et demi. Pourtant, les vacances scolaires de Pâques n’ont duré que deux semaines.
Ce n’est pas de taille qu’il s’agit, mais de façon d’être. Le petit garçon a quitté son cocon, ses parents et ses habitudes. Il s’est baigné dans l’eau froide du lac et de l’océan. Il est devenu la mascotte de ses cousines. Il a appris à faire du vélo sans roulettes.
En quinze jours seulement, il a franchi un cap. Il a beaucoup grandi…