Navarre verdoyante, Navarre aride

Traverser la Navarre du nord au sud offre un contraste saisissant, entre les paysages pyrénéens où domine le vert et le désert des Bardenas Reales.

Notre voyage en Navarre commence, dès Ainhoa, sur le versant français des Pyrénées, sous une pluie battante et incessante. C’est sous la pluie que nous séjournons à Urdax /Urdazurbi puis que nous visitons le joli village de Maya / Amaiur avec sa rue unique bordée de maisons en grès rouge ornées de blasons.

À Oronoz-Mugaire, nous visitons le jardin botanique situé à l’entrée du parc Señorio de Bertiz, espace naturel de deux mille hectares peuplés de chênes, de hêtres et d’aulnes. Au début du vingtième siècle, ses propriétaires furent soucieux de préserver l’environnement. Ils léguèrent la propriété à la région de Navarre en 1984 pour en faire un parc naturel ouvert au public.

Se promener dans le jardin botanique procure un immense plaisir. On y côtoie des espèces provenant de différentes régions du monde : séquoias, cèdres, ginkgos, citronniers, camélias, azalées, glycines ou bambous. Le centre d’interprétation fournit une explication de cette explosion de vie. Le parc reçoit chaque année 1 537 litres d’eau par mètre carré en moyenne !

À deux heures de route vers le sud, après Pampelune, c’est un tout autre paysage qui se présente à nous : les Bardenas Reales, un vaste territoire de quarante deux mille hectares, semi-désertique et dépeuplé. Il reçoit quatre fois moins de pluie que Bertiz. Nous parcourons la zone plus spectaculaire : la Bardena Blanca, dépression centrale aux sols quasiment dénués de végétation. Des collines arides se dressent comme des cheminées ou s’étendent comme des pattes d’éléphants.

Les Bardenas Reales se présentent comme une « réserve de la biosphère ». Parcourir la Navarre offre une rencontre avec la fantastique diversité de la vie sur notre planète, et aussi avec sa fragilité.

Cet article est introduit par une image de l’installation « Tercer paisaje » de María Azkarate, dans la chapelle du Musée de Navarre à Pampelune.

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