Dans le village navarrais de Zugarramurdi, on visite un musée des sorcières et la grotte où celles-ci étaient censées pratiquer leurs messes noires.
Zugarramurdi est un paisible village pyrénéen, à quelques kilomètres de la frontière française. De 1608 à 1614, il fut le théâtre d’une chasse aux sorcières menée par l’Inquisition : plusieurs personnes furent brûlées vives, mais les procédures engagées contre cinq mille suspects furent abandonnées. Ce fut le dernier grand procès de l’Inquisition en Espagne.
Des fêtes rituelles étaient célébrées dans la grotte : un long tunnel d’une centaine de mètres de longueur, creusé dans la roche calcaire par un ruisseau, et des cavités annexes. La médecine traditionnelle était mise à contribution pour désinhiber et euphoriser les participants .

En 1608 un conflit entre des habitants du village et des animateurs de ces fêtes fut réglé par une réconciliation dans l’église du village. Mais le tumulte attira l’attention de l’Inquisition. Les fêtes rituelles furent vite suspectées d’être des messes noires inspirées par le démon.
Les 7 et 6 novembre 1610, eut lieu l’autodafé de Logroño. Six personnes, accusées de sorcellerie, furent brûlées vives. Le musée des sorcières énonce leur nom et leur âge : María de Arbara, 70 ans, María Baztán, 68 ans, Graciana Xarra ; 66 ans, María de Echachute, 54 ans, Domingo de Subilbegui, 50 ans, Petri de Juangerena, 36 ans. Cinq autres condamnés furent brûlés en effigie.
Dans les années suivantes, la chasse aux sorcières prit une ampleur considérable. Les habitants furent enjoints de dénoncer les faits de sorcellerie, sous peine d’être eux-mêmes traduits en justice. Cinq mille personnes furent ainsi inculpées. Mais devant l’impossibilité d’établir des preuves, l’Inquisiteur Général de Logroño demanda le pardon et l’oubli de ces personnes.
Le musée des sorcières met en perspective cette histoire vieille de quatre cents ans et le travail de scientifiques pour mettre à jour les mythes et traditions populaires qui, précédant le catholicisme, façonnent encore la culture du Pays basque et d’ailleurs.
