ReligionTélévision22 septembre 20221Célibat, le calvaire de l’Eglise Catholique

Arte TV a récemment diffusé un documentaire d’Éric Colomer et Rémi Bénichou : « Célibat des prêtres, le calvaire de l’Église ».

 Tourné dans plusieurs pays, principalement l’Allemagne, l’Autriche et la France, ce film donne d’abord la parole à des prêtres qui ont vécu, parfois de longues années, un conflit aigu entre leur vœu de célibat et une relation amoureuse.

 Leur souffrance est partagée par leurs compagnes, le plus souvent contraintes à la clandestinité. Et plus encore par leurs enfants, fréquemment non reconnus et toujours frustrés d’une relation normale avec leur père.

Une moitié des prêtres européens ne respecteraient pas le célibat. Beaucoup quittent le ministère sacerdotal. Confrontée à un effondrement des effectifs du clergé et à la réduction de son maillage territorial, l’Église Catholique tend à s’accommoder des relations hétéro ou homosexuelles de ses prêtres, dès lors qu’elles restent cachées.

 Des personnes interviewées dans le film disent que ce n’est pas d’enfreindre la règle du célibat qui constitue un péché ; mais de placer des hommes, des femmes et des enfants dans une situation schizophrénique et de la couvrir d’un voile d’hypocrisie.

 En 2019, les évêques amazoniens avaient demandé que puissent être ordonnés prêtres des hommes mariés. Leur requête avait été repoussée, et la règle du célibat réaffirmée. Qu’est-ce qui pousse le Vatican à une telle intransigeance ?

La question est d’autant plus pertinente qu’il existe déjà des prêtres mariés, de rite grec, au sein de l’Église catholique. Récemment, des prêtres anglicans mariés ont été ordonnés prêtres catholiques : ils n’acceptaient pas la consécration d’évêques femmes dans leur église. Il est probable que des cardinaux conservateurs accepteraient volontiers l’ordination d’hommes mariés, qui permettrait de pallier en partie le manque de prêtres.

 Leur crainte est d’ouvrir la boîte de Pandore. L’attitude des anglicans convertis donne une clé : derrière l’ordination d’hommes mariés s’ouvrirait inéluctablement la question de l’ordination de femmes. On passerait ensuite à des sujets sociaux et théologiques : pourquoi l’Église Catholique continue-t-elle, comme les ayatollahs, à sacraliser la virginité, en commençant par la virginité de la mère de Jésus ?

 En Allemagne, une campagne de désobéissance à la discipline imposée par le Vatican se développe, avec à sa tête des hommes et des femmes décidés à se battre pour ne pas laisser l’Église étouffer dans les mains des conservateurs. Il est probablement trop tard. À Rome et dans beaucoup de paroisses, on semble s’être résigné à ce qu’une église pure, retranchée sur ses dogmes, soit réduite à une minorité agissante.

 

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