EconomieEtonnementsMusique15 juillet 2022Chronique d’étonnement n°19

Je souhaite partager dans « transhumances » ce qui m’a étonné, dans ma vie personnelle comme dans l’actualité.

 Dans cet article de transhumances, je me réjouis de l’organisation d’un concert de musique classique pour des personnes détenues et je m’étonne des pénuries qui, çà et là, apparaissent.

La prison de Gradignan, un château

Le festival Estivales de Musique en Médoc a, selon sa présentation institutionnelle, « l’ambition de faire découvrir les talents les plus prometteurs de la musique classique (piano, violon, violoncelle, chant, harpe, flûte, guitare, trompette, trombone, etc.). Les plus prestigieux châteaux du Médoc servent d’écrin à ces artistes aussi exceptionnels que le vin produit. »

En juillet 2022, ces prestigieux châteaux se nomment « Château Mailleret, Château Léoville-Poyferré, Château d’Agassac, Château Batailley, Château Branaire-Ducru, Château Lafite-Rothschild, Château Lascombes, Centre Pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan »

Voici donc le Centre Pénitentiaire promu au rang de prestigieux château ! Depuis plusieurs années, l’association Estivales de Musique en Médoc pénètre dans la prison et fait bénéficier des personnes détenues de l’un de ses concerts. Sa devise est « Le choix de l’excellence, le pari de la jeunesse ». On pourrait y ajouter : « le défi de l’inclusion ». Bravo !

 

Pénurie de moutarde

Depuis plusieurs semaines, le rayon « moutarde » des supermarchés est désespérément vide. En mars 2020, lors du premier confinement, le papier hygiénique avait, lui aussi, disparu. Nous ne sommes pas habitués aux pénuries, elles nous agacent. Tout était à portée de main, cela semblait naturel.

Nous découvrons la fragilité de notre économie. Le « juste-à-temps » a réduit les stocks au strict minimum. Ils ne suffisent pas pour faire face à une paralysie des  transports de marchandise ou à une mauvaise récolte. Demain, nous découvrirons que le « quoi qu’il en coûte » ne peut devenir une habitude et qu’il faudra payer les dettes de notre pays.

Puissent nos minuscules privations nous éduquer – ne serait-ce qu’un peu – au monde qui vient !