DestinsLivres7 juin 20242Pas pour les filles ?

« Pas pour les filles ? » (Robert Laffont, 2019) est l’autobiographie rédigée par Mélissa Plaza à l’âge de 31 ans.

Alors que beaucoup se prêtent à cet exercice lorsqu’ils atteignent un âge avancé, l’autrice a vécu en trois décennies une existence à fleur de peau : « je m’appelle Mélissa Plaza et, d’aussi loin que je m’en souvienne, je combats ».

Elle a peu de souvenirs d’enfance heureux, hormis les moments passés balle au pied : une mère aigrie, instable, sans cesse frustrée par la pauvreté et prête à tout pour se procurer ce dont elle rêve ; un père (beau-père), « dont les mains s’abattent parfois sur moi comme des battoirs » ; des violences sexuelles dès l’âge de cinq ans.

Dès l’âge de huit ans, Mélissa choisit ce qui lui permettra de s’extirper de la la violence, la misère culturelle et affective dans lesquelles elle a grandi : elle deviendra footballeuse professionnelle. Peu importe que cette profession soit considérée « pas pour les filles » : au contraire,  les défis la stimulent.

Mélissa deviendra en effet une joueuse remarquée, jusque dans le club le plus titré, l’Olympique Lyonnais et dans l’équipe de France. Son parcours de professionnelle n’a rien d’un long fleuve tranquille. Il est marqué parfois par la haine et le harcèlement de camarades qui ne supportent pas cette rivale ambitieuse au caractère rugueux. « Les réflexes familiaux ne sont jamais loin. À mon arrivée, je suis une écorchée vive, impertinente et toujours sur la défensive, je démarre au quart de tour. Je transforme le moindre regard, la moindre remarque en agression. »

L’acharnement de la jeune joueuse se retourne contre elle. Blessée au genou gauche, elle reprend l’entraînement trop tôt, sollicite trop son autre jambe, est blessée au genou droit. Elle doit, en mai 2017, à 29 ans seulement, mettre un terme à sa carrière professionnelle et se réinventer.

Pendant ses années de footballeuse, Melissa Plaza s’est fixé un autre défi : étudier la psychologie du sport jusqu’à atteindre le plus haut niveau : le doctorat. « Durant ce travail de thèse, j’ai étudié les liens entre stéréotypes de genre, conscients et inconscients, et comportements sportifs des individus. » Après l’abandon du football, elle crée son entreprise de conseil, avec pour slogan « ensemble, plus libre, plus loin. »

Elle devient conférencière, avec pour thèmes de prédilection l’égalité femmes – hommes et les aspects motivationnels de la performance. Elle se passionne ensuite pour le slam,  la déclamation en public de textes sur un rythme scandé, d’une durée brève, de l’ordre de 3 minutes.

Mélissa Plaza a donné un concert de slam à Rennes au congrès de l’Association Nationale des Visiteurs de Personnes sous main de justice (ANVP). L’un des slams, bouleversant, évoquait l’expérience des visiteurs visitant des personnes ayant des comptes à rendre à la justice, en prison ou hors les murs. Pour le préparer, l’artiste avait longuement parlé avec des visiteurs. Son texte était d’une vérité criante.

Mélissa Plaza au congrès de l’ANVP

2 comments

  • Gossart

    7 juin 2024 at 23h42

    Merci Xavier !
    Chantal

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  • bazin

    7 juin 2024 at 15h25

    merci Xavier pour ce partage et cette synthèse qui définit tellement mon amie
    c’est juste
    à partager , sans modération
    merci
    à bientôt
    amitiés
    didier

    Reply

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