Mali ô Mali

Dans Mali ô Mali (Stock, 2014), Erik Orsenna redonne vie à un personnage qu’il avait inventé dix ans plus tôt : Madame Bâ, cette fois transformée en Jeanne d’Arc africaine.

 Dans le précédent roman, Madame Bâ, 55 ans, cherchait à obtenir le visa qui lui permettrait de voyager en France et de retrouver l’un de ses petits-fils, Michel, recruté puis recraché par le PSG. Depuis dix ans, Madame Bâ vit à Villiers le Bel, 95400. Elle est devenue une célébrité locale. Mais le moment est venu de revenir au Mali : le Mali, martyrisé par les djihadistes trafiquants, a besoin d’elle ! Continuer la lecture de « Mali ô Mali »

Landes

« Landes », premier long-métrage de François Xavier Vives, constitue un magnifique hommage à la région côtière qui s’étend de Soulac à Hossegor. Il raconte aussi le destin d’une femme libre, incarnée à l’écran par Marie Gillain.

 Le générique du film constitue en soi une œuvre d’art. La caméra explore la pinède, les troncs longilignes qui grimpent jusqu’au ciel, leur crête qui capte et difracte la lumière. Le nom des acteurs est écrit selon un graphisme qui évoque cette forêt d’allumettes. De lumière et d’allumettes il sera d’ailleurs question plus tard. Continuer la lecture de « Landes »

Aux Pays-Bas, vivre avec les rivières

Dans the Observer du 16 février, Tracy McVeigh signe un article intitulé « la solution hollandaise aux inondations : vivez avec l’eau, ne la combattez pas.

 Les dramatiques inondations en Bretagne et en Grande Bretagne posent un problème immédiat aux hommes politiques. Au Royaume Uni, David Cameron paye cher la réduction de 20% des crédits de l’Agence de l’Environnement. Mais le principal enjeu est à moyen terme : quelle politique mener, alors que le changement climatique rend les phénomènes météorologiques extrêmes de plus en plus probables. Continuer la lecture de « Aux Pays-Bas, vivre avec les rivières »

L’ombre de ce que nous avons été

Le Glob’ Théâtre de Bordeaux a récemment programmé une pièce de Nadine Perez, « l’ombre de ce que nous avons été », d’après un roman du Chilien Luís Sepúlveda.

 Il est difficile d’imaginer salle plus inconfortable que le Studio du Glob’ Théâtre, entre le quartier des Chartrons et les Bassins à Flot à Bordeaux. Les habitués prennent d’assaut les quelques fauteuils ; les autres sont réduits à s’assoir sur d’étroites planches de bois nu sans dossier. Peut-être fallait-il cela pour apprécier pleinement la pièce de Nadine Perez dans son inconfort. Continuer la lecture de « L’ombre de ce que nous avons été »