Le Dieu noir et le diable blond

« Le Dieu noir et le diable blond », film réalisé en 1964 par le Brésilien Glauber Rocha, a été récemment restauré et sort en salles en France.

 Le titre en portugais est « Deus e o Diabo na terra do Sol », Dieu et Diable dans la terre du Soleil. Il rend mieux compte de l’intention du film, qui n’est pas construit sur l’opposition des races (noir / blond) mais sur un territoire brûlé par le soleil, le Sertão, immense région aride du nord-est du Brésil. Continuer la lecture de « Le Dieu noir et le diable blond »

Oppenheimer

« Oppenheimer », film réalisé par Christopher Nolan, raconte la genèse de la première bombe atomique, plonge le spectateur dans la sombre période du maccarthysme et le fait entrer dans l’intimité d’une personnalité géniale et complexe.

 Le fil directeur du film est la procédure intentée contre J. Robert Oppenheimer (Cillian Murphy) en 1953 en vue de le déchoir de son habilitation par la sécurité militaire. On lui reproche d’avoir été proche du parti communiste dans les années 1930, d’avoir introduit d’anciens communistes dans la base ultrasecrète de Los Alamos où se fabriquait la bombe A, d’avoir été ami avec des hommes qui se sont révélés des agents de l’Union Soviétique. Continuer la lecture de « Oppenheimer »

Le veilleur de nuit

Dans « The night watchman » (le veilleur de nuit, traduit en français sous le titre « celui qui veille »), Louise Erdrich construit un roman à partir de l’histoire véridique de son grand-père Patrick Gourneau pour la reconnaissance des droits de la tribu amérindienne à laquelle il appartenait, les Chippewas. Elle a obtenu pour ce roman le prix Pulitzer en 2021.

Les Chippewas, ou Ojibwas, vivent au nord des États-Unis et au Canada. Le roman est situé autour de Fargo, à la limite entre le Dakota du Nord et le Minnesota. La tribu avait signé, avec les États-Unis, des traités qui leur attribuaient des terres – les « réserves » – « aussi longtemps que l’herbe pousse et les rivières coulent ». Continuer la lecture de « Le veilleur de nuit »

Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve

« Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve », écrit par Serge Gainsbourg pour Jane Birkin en 1983, peu après leur rupture, est l’une de ses plus belles chansons.

La personnalité de Jane Birkin, récemment décédée, m’a accompagné pendant des décennies. Dans Le Monde, Véronique Montaigne lui a consacré un beau portrait, « son mélange de séduction et d’intelligence, sa facilité à étaler ses sentiments sous des dehors pudiques ». Continuer la lecture de « Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve »