Promenade lyonnaise

Lyon, boutique consacrée au Guignol. Photo "transhumances"

Pascale et Daniel, lyonnais depuis 8 ans, nous ont fait découvrir leur ville par un week-end ensoleillé de juin.

 Le point de départ de la promenade est l’esplanade de Fourvière, derrière la basilique. On y découvre un large panorama sur la ville, qui s’étend jusqu’aux premières pentes des Alpes. Un sentier du rosaire, balisé de plaques de cuivre gravées d’une rose, nous permet de descendre jusque dans le quartier ancien en profitant de l’ombrage. Nous remonterons ce soir par la « Ficelle », le funiculaire.

Lyon, quartier Saint Jean. Photo "transhumances"

 Le quartier de la Cathédrale Saint Jean a conservé son caractère moyenâgeux. On circule dans des rues étroites dont les façades sont souvent anciennes, et on s’esquive dans les traboules, couloirs obscurs qui vont d’une rue à l’autre et révèlent parfois une jolie architecture intérieure. Des vitrines de boutiques évoquent l’histoire réelle ou rêvée de Lyon, des soyeux au Guignol.

 Nous passons sur la presqu’île entre la Saône et le Rhône. La Basilique Saint Martin d’Ainay, de style roman, frappe par l’harmonie de ses proportions. Nous poursuivons la promenade dans le quartier de Bellecour et jusqu’à la Place des Terreaux.

 Revenus à Fourvière, nous visitons la Basilique. Il y a une dizaine d’années, des répliques des madones les plus vénérées au monde ont été installées dans la crypte, de Fatima à Chestokowa et du Mexique aux Philippines. Ceci convient bien à cette ville d’une beauté modeste mais rayonnante, ancrée dans une tradition mystique.

Lyon, près de la passerelle Saint Georges. Photo "transhumances"

 

Hymne à la pluie

Jubilée sous la pluie. Photo The Guardian

Bien que commencé sous les auspices d’une alerte sècheresse, le printemps 2012 a été particulièrement humide en Grande Bretagne. La parade sur la Tamise à l’occasion du Jubilée de la Reine Elizabeth II sous des trombes d’eau a conforté l’image d’un pays vivant une relation passionnelle avec la pluie. C’est ce que Stuart Jeffries décrit sur le mode humoristique dans un article du Guardian intitulé « voici la pluie : pourquoi secrètement nous aimons quand le temps est humide. » L’article continue : « une autre année, un autre été pourri. Nous n’aimons rien tant que nous lamenter sur le temps horrible. Et pourtant, si nous apprenions à aimer simplement nos jours pluvieux ? »

 « De tous les symboles du déclin de la civilisation britannique, dit Stuart Jeffries, aucun n’est plus poignant que la construction d’un toit rétractable au dessus du court central de Wimbledon en 2009. L’idée était d’écarter la pluie et de conserver le tennis. Quelle erreur ! Le tennis ? Personne ne va à Wimbledon pour regarder le tennis. On y va pour sentir la pluie dégouliner le long de son dos, pour voir diluer son Pimms (l’équivalent britannique de la sangria), tremper ses sandwiches et interrompre le cafardeux spectacle du tennis.

 « C’est la pluie que nous aimons vraiment. C’est seulement que nous n’osons pas l’admettre. Nous nous plaignons de ce qu’elle gâche notre été parce que nous sublimons notre passion. Nous sommes épris, trempés à l’intérieur de nous-mêmes, d’un amour qui n’ose pas dire son nom. Pensez-y. Nous nous acharnons à imaginer des situations pour rencontrer la pluie, pour en parler, pour nous immerger en elle, pour affecter du dédain à son égard.

 (…) Quand il a plu sur la Parade de la Reine sur la Tamise, le monde a vu la Grande Bretagne comme une nation qui avance sans se préoccuper du temps, avec l’esprit indomptable que l’on nous attribue, à nous les gars trempés par la pluie, sexuellement réprimés et gris dans l’âme. (Pourtant), aucun des spectateurs mouillés auraient pu être plus heureux d’être là. »

The Real Thing

 

Geral Kyd (Henry) et Marianne Oldham (Annie) dans The Real Thing

Le Palace Theatre de Watford vient de présenter une pièce écrite par Tom Stoppard en 1982, « The Real Thing ».

 Tom Stoppard, né en 1937 en Moravie et émigré eux ans plus tard dans les possessions de l’Empire Britannique pour fuir les persécutions nazies, est un dramaturge connu en Grande Bretagne. Il a en particulier coécrit le scénario du film Shakespeare in Love.

 Dans « The Real Thing » (la Réalité), c’est aussi un dramaturge, Henry, qui s’efforce de vivre sa vie de la manière la plus honnête, ou la plus romantique, possible. Le premier acte nous montre la rupture avec sa première femme, Charlotte, qui le trompait effrontément, et le début de sa relation avec Annie. Dans le second acte, Annie à son tour confesse une relation extraconjugale mais jure à Henry son amour, non exclusif.

 Quelle est la réalité de l’amour d’un homme et d’une femme ? Annie comme Charlotte est comédienne. La première scène est « une pièce dans la pièce », Charlotte jouant le rôle de l’infidèle ; plus tard, dans le deuxième acte, nous verrons aussi Annie répétant un dialogue avec un homme qui est aussi son amant. Ce jeu de miroir entre les personnages eux-mêmes et les personnages jouant comme comédiens, brouille la carte des relations. « Are you all right ? » – « est-ce que tu vas bien ? » revient comme un refrain obsessionnel : jouent-ils à l’amour ? Aiment-ils vraiment ?

 Annie milite pour la libération d’un militant, Brodie. Celui-ci écrit des textes politiques que Henry juge dénués de talent. Il compare le métier du dramaturge à une batte de cricket : elle est capable de projeter une balle à des centaines de mètres avec une accélération formidable. Le mauvais écrivain est celui qui se sert d’une batte comme d’un vulgaire morceau de bois.

A bord du Britannia

 

A bord du Britannia. Photo "transhumances"

L’ancien yacht royal Britannia est aujourd’hui une attraction que l’on peut visiter à Leith, une banlieue d’Edimbourg. Par hasard, nous avons découvert le Britannia le jour de la parade sur la Tamise en l’honneur du jubilée de la Reine Elizabeth II

Le yacht royal avait parcouru plus de 2 millions de kilomètres entre son lancement en 1953 et son désarmement en 1997. C’est aujourd’hui une attraction touristique dont l’entrée se fait par un centre commercial ultramoderne construit à l’emplacement d’anciens docks.

 Le yacht était initialement un instrument de travail pour la Reine, sa famille et ses collaborateurs. En 1953 – 1954, le tour du Commonwealth dura 6 mois. Le navire était à la fois un palais flottant et un lieu de réception pour les personnalités des pays visités. Sa dernière visite officielle fut lors de la restitution de Hong Kong à la Chine. Sur la fin de sa carrière, le Britannia servait essentiellement pour le loisir la famille royale, principalement lors de la traditionnelle croisière d’août le long des îles occidentales de l’Ecosse.

 On est frappé par le souci de perfection dans les détails qui imprégnait tous les moments de la vie du Britannia. Le personnel pouvait changer d’uniforme jusqu’à six fois par jour. Dans la salle à manger, l’emplacement des couverts était calculé au centimètre. Les machines étaient nettoyées en permanence et devaient apparaître rutilantes.

 On est aussi frappé par la brutale division sociale. Les marins, stewards, cuisiniers, personnels d’entretien vivaient dans des cabines confinées, dormaient sur des couchettes superposées et ne disposaient que d’un minuscule coffre pour leurs effets personnels. Aux officiers étaient allouée une petite cabine individuelle. La famille royale disposait de chambres spacieuses, de salons privés et de ponts sur lesquelles elle pouvait profiter du soleil. Un système de téléphone intérieur lui permettait d’appeler du personnel de service à toute heure du jour et de la nuit. Le circuit de visite donne au touriste une idée de l’ambiance royale à bord. Dans l’un des salons, une jeune musicienne joue du piano. L’ambiance est sereine, feutrée, propre aux conversations et à la lecture.  

Salon royal à bord du Britannia. Photo "transhumances"
Téléphone royal à bord du Britannia. Photo "transhumances"