Sexualité et prison

Dans « Sexualité et prison, désert affectif et désirs sous contrainte » (Max Milo, 2009), le sociologue Arnaud Gaillard explore l’impact de l’emprisonnement sur la manière d’exister corporellement de ceux et celles qui la subissent.

La sexualité ne se réduit pas à l’usage des organes génitaux. L’auteur la définit  comme « un désir, analysable comme le ressenti conscient ou inconscient d’un besoin de l’autre comme objet d’excitation et comme semblable à rencontrer ». Elle commence par un regard, un toucher, une odeur. Continuer la lecture de « Sexualité et prison »

Chronique d’étonnement n°105

Je souhaite partager dans « transhumances » ce qui m’a étonné, dans ma vie personnelle comme dans l’actualité.

Dans cet article, je m’étonne de l’insistance de Jack Lang à se déclarer « blanc comme neige » dans l’affaire Epstein ; j’ignorais qu’il serait peut-être possible de produire de l’eau sur la lune ; la question d’une petite-fille me fait prendre conscience de ce que le concept de justice n’a rien d’évident. Continuer la lecture de « Chronique d’étonnement n°105 »

Comment les détenus habitent-ils la prison ?

La revue en ligne Métropolitiques a récemment publié un article écrit en 2018 par Lucie Bony, chargée de recherche au CNRS, dont les travaux articulent les champs de recherche sur la ville et la prison. Son titre : « rapports sociaux en détention et usages de l’espace carcéral ».

La prison est un espace si contraint – par son exigüité et par le poids des règlements – qu’on pourrait s’attendre à ce que les manières de l’habiter soient largement uniformes. Or ce n’est pas le cas. « Les rapports sociaux en détention sont marqués par l’inégalité ». Selon le milieu social, l’âge, la durée de séjour ou encore la situation pénale de chacun, les personnes détenues habitent les lieux de manière différenciée. Continuer la lecture de « Comment les détenus habitent-ils la prison ? »

Régulation carcérale en Angleterre

En août 2025 a été publié à Londres un rapport indépendant sur la capacité des prisons en Angleterre et au Pays de Galles (Independent review of prison capacity). Il s’interroge sur les raisons pour lesquelles « l’offre » de places de prison (le nombre de places disponibles) et la « demande » (le nombre de places nécessaires pour loger les prisonniers décemment) ne se sont jamais ajustées.

La situation des prisons outre-Manche ressemble à beaucoup d’égards à celle qui prévaut en France. Il y a pourtant une différence majeure : là-bas, on considère que le taux de 100% d’occupation est une limite au-delà de laquelle le système s’effondrerait ; ici, on accepte sans souciller que trois détenus partagent une cellule de 9 m², l’un d’entre eux dormant sur un matelas au sol. Continuer la lecture de « Régulation carcérale en Angleterre »