Confiteor

Confiteor, roman de Jaume Cabré (2011, traduit du catalan par Edmond Raillard, Actes Sud 2013) restera sans nul doute une œuvre littéraire majeure de ce début de siècle.

La présentation du livre en quatrième de couverture est lyrique : « retraçant l’itinéraire d’un enfant sans amour puis l’affliction d’un adulte sans dieu aux prises avec l’histoire du Mal souverain, Confiteor défie les lois de la narration pour ordonner un chaos magistral et emplir de musique une cathédrale profane ». Elle restitue bien ce que ressent le lecteur au long des 900 pages de cet ouvrage unique. Continuer la lecture de « Confiteor »

Le lambeau

« Le lambeau » est l’un des livres les plus bouleversants qu’il m’ait été de lire ces derniers mois. Survivant de l’attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, Philippe Lançon y raconte son long chemin de reconstruction.

Le lambeau, c’est Philippe Lançon lui-même, morceau de chair sanguinolant qui gît aux côtés des camarades tués lors de la conférence de rédaction de Charlie Hebdo. En chirurgie, c’est « un segment de parties molles conservées lors de l’amputation d’un membre pour recouvrir les parties osseuses ou obtenir une cicatrice souple. » Continuer la lecture de « Le lambeau »

Papicha

Papicha, film de Mounia Meddour, raconte la lutte héroïque de jeunes femmes algériennes pour vivre leur propre vie dans le contexte des années noires de la guerre civile.

Dans les années 1990, à la Cité Universitaire d’Alger, Nedjma (Lyna Khoudri) se passionne pour la mode. À longueur de journée, elle dessine des robes dont elle rêve d’habiller les Algériennes. Elle imagine du défilé dont les mannequins seraient vêtues de robes réalisées à partir du haïk, ce tissu mi-coton, mi-soie à la base du vêtement féminin traditionnel. Continuer la lecture de « Papicha »

Au Café existentialiste

Dans « Au café existentialiste, la liberté, l’être et le cocktail à l’abricot », la philosophe anglaise Sarah Bakewell livre un formidable récit de la naissance et du développement de l’existentialisme.

La quatrième de couverture explique le titre de ce passionnant ouvrage : « Paris, 1932. Trois amis se réunissent dans un célèbre café de Montparnasse. Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir écoutent Raymond Aron, de retour de Berlin, parler d’une forme de pensée radicalement neuve qu’il a découverte : la phénoménologie. En guise d’explication, Aron pointe son verre du doigt et dit à Sartre : « Tu vois, tu peux parler de ce cocktail, et c’est de la philosophie ! » Intrigué et inspiré, Sartre élabore une théorie philosophique fondée sur l’existence vécue, dont le quartier de Saint-Germain-des-Prés va devenir l’emblème. » Continuer la lecture de « Au Café existentialiste »