Aimer, boire et chanter

« Aimer, boire et chanter », le dernier film d’Alain Resnais qui vient de mourir à l’âge de 91 ans, met aux prises trois couples dont l’équilibre va être menacé par un absent, « George », qui se sait condamné par la médecine mais entend faire de ses derniers mois un feu d’artifice.

 Le film est tiré d’une pièce de théâtre du Britannique Alan Ayckbourn, « Life of Riley ». Il s’agit d’ailleurs presque de théâtre filmé. Chaque scène est construite de la même manière : une jolie route du Yorkshire, des dessins représentant l’extérieur des maisons où se déroule l’action, les comédiens installés dans des décors en toc, où les portes sont remplacées par des rideaux que l’on écarte. On peut même parler de théâtre dans le théâtre. Les personnages répètent une pièce qu’ils donneront dans quelques semaines. Continuer la lecture de « Aimer, boire et chanter »

Madame Bâ

« Mali ô Mali », le dernier roman d’Erik Orsenna a pour personnage central Marguerite Dyusami, dite Madame Bâ. Cette femme énergique était déjà l’héroïne d’un roman écrit il y a dix ans (« Madame Bâ », Stock, 2003).

 Madame Bâ a cinquante cinq ans. Elle écrit au Président de la République française un recours gracieux pour obtenir un visa qui lui a été refusé. Elle entend retrouver en France son petit-fils happé puis recraché par l’ogre du football. Continuer la lecture de « Madame Bâ »

Maubuisson s’éveille

Maubuisson, notre séjour de vacances au bord du lac de Carcans – Hourtin et tout proche de l’océan, s’éveille doucement après l’hivernage.

 Les tempêtes sont passées, les canaux de drainage sont pleins des pluies persistantes de l’hiver. Le lac semble engourdi dans une légère brume. La surface de l’eau est à peine ridée. La masse sombre des nuages y reflète doucement d’infimes nuances. La dune littorale s’étire paresseusement, caressée par l’eau calme. Continuer la lecture de « Maubuisson s’éveille »

Mali ô Mali

Dans Mali ô Mali (Stock, 2014), Erik Orsenna redonne vie à un personnage qu’il avait inventé dix ans plus tôt : Madame Bâ, cette fois transformée en Jeanne d’Arc africaine.

 Dans le précédent roman, Madame Bâ, 55 ans, cherchait à obtenir le visa qui lui permettrait de voyager en France et de retrouver l’un de ses petits-fils, Michel, recruté puis recraché par le PSG. Depuis dix ans, Madame Bâ vit à Villiers le Bel, 95400. Elle est devenue une célébrité locale. Mais le moment est venu de revenir au Mali : le Mali, martyrisé par les djihadistes trafiquants, a besoin d’elle ! Continuer la lecture de « Mali ô Mali »