Les clés de la puissance

Dans « les clés de la puissance » (le Seuil, avril 2015), Jean-Louis Beffa, ancien PDG aujourd’hui président d’honneur de Saint Gobain, propose une analyse géopolitique des puissances qui gouvernent le monde et s’interroge sur la place de l’Europe.

L’auteur identifie quatre facteurs de puissance : l’industrie exportatrice, les nouvelles technologies couplées au système d’innovation, l’énergie et les capacités militaires. J’y ajouterais personnellement l’hégémonie culturelle (langue, arts et lettres), mais Jean-Louis Beffa ne retient pas ce critère. Continuer la lecture de « Les clés de la puissance »

Un prophète

« Un Prophète », film de Jacques Audiard couronné de multiples prix (2009), raconte l’ascension d’un jeune homme dans un milieu carcéral impitoyable.

 Malik el Djebena (Tahar Rahim) a 19 ans, il n’a pas de famille, il ne sait ni lire ni écrire. Il vient d’être condamné à six ans de prison. Le contact avec l’univers carcéral est rude : certes, les surveillants sont corrects ; mais il y a le béton gris, les grilles, les bruits de serrure et les hurlements, un monde d’hommes vide de femmes et d’enfants. Et il y a surtout une hiérarchie implacable entre les détenus. Continuer la lecture de « Un prophète »

L’islam en prison

Dans son livre « l’islam en prison – moi, aumônier musulman des prisons françaises » (Bayard, 2015), Mohamed Loueslati plaide pour une professionnalisation de la fonction d’aumônier musulman en prison. Cela passe par un statut, un parcours de formation et une rémunération digne.

 Ce n’est pas par hasard que le livre de Mohamed Loueslati est publié par une maison d’édition catholique : né en Tunisie il y a 65 ans, Breton d’adoption, il est un apôtre du dialogue interreligieux. Aumônier à Rennes depuis 2001, il coordonne maintenant le travail de 22 personnes dans le grand ouest de la France. Continuer la lecture de « L’islam en prison »

Amok

Amok, roman de Stefan Zweig (1922), est une formidable description de passions humaines déchainées.

 Dans la baie de Naples, en 1912, on décharge la soute d’un paquebot venu d’Asie. Un cercueil plombé en est extrait et placé dans une barque. Un homme saute du pont et fait chavirer la petite embarcation. Le cercueil est précipité dans les bas-fonds ; on retrouve le cadavre de l’homme, noyé, quelques jours plus tard. Continuer la lecture de « Amok »