Pour les musulmans

 

Dans « Pour les musulmans » (La Découverte, 2014), Edwy Plenel alerte contre le danger de considérer les musulmans français comme un groupe homogène inassimilable et menaçant, comme ce fut le cas des Juifs.

 Le titre du livre est emprunté à un article d’Émile Zola paru dans le Figaro le 16 mai 1896, dix-huit mois avant son fameux « J’accuse », moment clé de l’Affaire Dreyfus. Cet article avait donc pour titre « Pour les Juifs ». En voici un extrait : « les Juifs sont accusés d’être une nation dans la nation, de mener à l’écart une vie de caste religieuse et d’être ainsi, par-dessus les frontières, une sorte de secte internationale, sans patrie réelle, capable un jour, si elle triomphait, de mettre la main sur le monde (…) On finit par créer un danger, en criant chaque matin qu’il existe. À force de montrer au peuple un épouvantail, on crée le monstre réel (…) Désarmons nos haines, aimons-nous dans nos villes, aimons-nous par-dessus les frontières, travaillons à fondre les races en une seule famille, enfin heureuse ! (…) Et laissons les fous, et laissons les méchants retourner à la barbarie des forêts, ceux qui s’imaginent faire de la justice à coups de couteau. » Continuer la lecture de « Pour les musulmans »

Les souvenirs d’Ernest Renan

Les « souvenirs d’enfance et de jeunesse » écrits par Ernest Renan (1823 – 1892) à l’âge de soixante ans sont particulièrement intéressants dans le contexte actuel de retour des religions.

 Ernest Renan naquit et grandit dans une famille bretonne modeste de Tréguier (Côtes d’Armor). D’une intelligence brillante, il monta à Paris à l’âge de 15 ans pour étudier au petit séminaire de Saint-Nicolas du Chardonnet puis au séminaire de Saint Sulpice, où étudia la théologie mais aussi le latin, le grec, l’hébreu, le syriaque et dans une moindre mesure l’arabe. Continuer la lecture de « Les souvenirs d’Ernest Renan »

Le Nazi et le psychiatre

Dans « le Nazi et le psychiatre, à la recherche de l’origine du mal absolu » (Éditions des Arènes, 2013), Jack El-Hai raconte le face à face d’un jeune psychiatre américain, Douglas Kelley et le criminel nazi Hermann Göring à Nuremberg.

 Lorsque le jeune psychiatre militaire Douglas Kelley est affecté à l’hôtel Palace de Mondorf les Bains (Luxembourg), où des dignitaires nazis ont été provisoirement regroupés, il découvre que sa mission a plusieurs objectifs. Il s’agit d’évaluer si les futurs accusés de Nuremberg sont responsables de leurs actes et peuvent être jugés (la question se posera principalement pour Rudolf Hess). Il faut aussi faire en sorte qu’ils se présentent en bonne condition physique et mentale au procès, et pour cela leur donner un soutien psychologique et, dans le cas d’Hermann Göring, gérer le sevrage de drogues et une cure d’amaigrissement. Il faut enfin gagner la confiance des prisonniers pour contribuer à la collecte de renseignements. Continuer la lecture de « Le Nazi et le psychiatre »

La première histoire du monde

« La première histoire du monde », du romancier brésilien Alberto Mussa, transporte le lecteur à Rio de Janeiro en 1567, alors que la ville ne comptait qu’environ 400 habitants.

 Né en 1961, Alberto Mussa a suivi une formation de mathématiques et de percussion avant de s’orienter vers la linguistique. Il s’est passionné pour les histoires narrées par les conteurs africains et arabes. Il a étudié le tupi (langue des habitants installés dans la région de Rio de Janeiro un millénaire avant l’arrivée des Européens), le yoruba (langue des communautés religieuses afro-brésiliennes) ainsi que l’arabe (langue de la famille de son père, d’origine libano-palestinienne). Il a traduit en portugais les Muallaqat (poésies arabes préislamiques). Il a écrit plusieurs romans, dans lesquelles les mythologies tiennent une place importante. Continuer la lecture de « La première histoire du monde »