La ville de Detroit en faillite

La ville de Detroit dans le Michigan (Etats-Unis) vient de se déclarer en faillite. Que va-t-il maintenant se passer ?

 On estime la dette de la ville de Detroit à plus de 18 milliards de dollars. Deux fonds de pension d’anciens employés municipaux, incluant des policiers et des pompiers, ont sur la ville une créance de 9.2 milliards de dollars. Plus de 100.000 créanciers ont été recensés. Un petit nombre de ces créanciers sont privilégiés, c’est-à-dire qu’ils peuvent faire vendre des actifs de la ville : c’est le cas des compagnies en charge de la gestion de l’eau et des égouts. Continuer la lecture de « La ville de Detroit en faillite »

Le Roman d’un Trader

France 2 a récemment diffusé « Le Roman d’un trader », une pièce de Jean-Louis Bauer mise en scène par Daniel Benoin.

 J’avais été passionné à Londres par deux pièces consacrées aux dérives de l’économie financière. « The Power of Yes » de David Hare expliquait les mécanismes de la crise financière de 2008 ; « Enron » de Lucy Prebble montrait l’incroyable dérive de spéculateurs sans foi ni loi. L’une et l’autre avaient une ambition pédagogique : il s’agissait de faire comprendre des faits de société en s’appuyant sur la technique théâtrale. Continuer la lecture de « Le Roman d’un Trader »

Un paléoantrhopologue dans l’entreprise

Le livre de Pascal Picq « un paléoanthropologue dans l’entreprise, s’adapter et innover pour survivre » (Eyrolles 2011) ouvre une réflexion intéressante sur la culture entrepreneuriale en France. Il appelle à passer d’une culture « lamarckienne », fondée sur le développement selon des filières structurées du haut en bas, à une culture « darwinienne » dans laquelle l’innovation nait de la coopération d’une variété d’acteurs.

 Pascal Picq est paléoanthropologue au Collège de France. Son métier consiste à étudier les étapes de la formation de l’humanité jusqu’au plus lointain passé. C’est aussi un fervent adepte de la théorie de l’évolution de Charles Darwin. Continuer la lecture de « Un paléoantrhopologue dans l’entreprise »

Docteur Cac

Chaque jour vers 20h20, France 5 présente une émission économique réjouissante et instructive : « Docteur Cac ».

 Je suis loin d’être un esclave du petit écran. Je préfère généralement un bon livre, une soirée au théâtre ou un dîner entre amis à une émission de télévision. Je ne zappe pas. Je ne regarde pas de feuilleton. Ma liberté souffre toutefois une exception : « Docteur Cac », l’émission diffusée vers 20h20 par France 5. Circonstance atténuante, mon addiction est limitée à 5 minutes par jour.

 Le Docteur Cac se présente comme professeur d’économie. CAC en trois lettres comme « c’est assez clair » (ou comme CAC 40 !), et grâce à lui l’économie va le devenir, assez claire ! Il traite de sujets d’actualité : pourquoi les Chinois financent-ils la dette européenne ? Pourquoi le chômage aime les jeunes ? Faut-il acheter français ? Qu’est-ce que le FMI ? Etc. Il illustre son propos par des extraits de films. Et c’est là que la série devient irrésistiblement drôle : les films sont des navets américains, de préférence des années cinquante, doublés en français avec une tonalité à la fois nasillarde et emphatique qui n’existe pas dans la vraie vie.

 Acteurs et actrices, dont gomina et robes à floques révèlent immanquablement le type culturel américain, minaudent, se menacent, s’emportent, se giflent, s’esclaffent… mais l’objet du drame qu’ils jouent est la crise de l’Euro, le PMU ou le déficit des finances françaises en 2013 ! Le spectateur nage dans l’absurde avec délectation. Le plaisir ouvre la voie à l’apprentissage. Docteur Cac est une émission instructive. On apprend plus sur l’économie dans ces épisodes de cinq minutes que dans beaucoup d’émissions savantes.