« Transhumances » a deux ans

« Transhumances » est né le 5 septembre 2009, il y a juste deux ans. Près de 600 articles ont été publiés, près de 20.000 pages ont été consultées.

 Prendre le temps d’écrire mes étonnements leur donne du relief et les inscrit plus profond dans ma mémoire. Les mettre à disposition d’internautes francophones du monde entier me fait penser que parfois ils peuvent intéresser, susciter la réflexion, être utiles.

 Quelques conseils de lecture ? « Petit lexique des émeutes en Grande Bretagne » (16 août), « la foi de l’Archevêque » (26 juillet), « Que faut-il chercher en hiver ? » (1er avril).

 Photo « transhumances »

Des esprits positifs

Nous rendons visite à Marie-Claude et Dominique, qui ont pris leur retraite dans une grande maison près de Romans sur Isère.

 Dominique a passé sa carrière aux PTT puis France Télécom dans le nord de la France et y a exercé des responsabilités syndicales. Marie-Claude travaillait comme éducatrice spécialisée dans l’adolescence difficile.

 Ils ont pris leur retraite il y a trois ans. Ils ont saisi l’opportunité d’acquérir une grande demeure qu’ils ont aménagée et équipée d’une piscine.

 Ils suscitent notre admiration pour le respect et l’affection profonds qu’ils démontrent l’un pour l’autre et pour leur attention à tout ce qui bouge dans leur région. Nous parlons de comptage d’oiseaux dans des carrières, de médiation entre parents et établissements scolaires, de poterie, de sentiers botaniques commentés, d’un centre coopératif de distribution d’aliments biologiques, de la section locale du PS et de la campagne de Ségolène Royal.

 Marie-Claude et Dominique n’hésitent pas à franchir l’Atlantique pour écouter du jazz dans des clubs new-yorkais et à visiter la Cappadoce en voyage organisé.

 Ils ont un esprit positif. Partager quelques heures avec eux est revigorant.

 Photo « transhumances » : l’église Saint Félix de Marsanne, dans la Drôme.

Joan Miró, l’échelle de secours

L’exposition « Joan Miró, the ladder of escape » se termine dimanche 11 septembre à la Tate Modern à Londres.

 Nous avions visité le musée Miró à Barcelone et son atelier à Palma de Majorque. L’exposition de la Tate Modern me remet au contact de cet artiste puissant.

 Les premières peintures de Joan Miró, au début des années vingt, sont figuratives mais déjà emplies de symboles qui, en quelques années, vivront leur vie propre (en particulier, l’échelle, pont entre la terre où les pieds sont solidement posés et le ciel. C’est la créativité de l’artiste qui émerveille. Il invente son chemin, aidé par la pensée surréaliste qui l’invite à mettre l’inconscient aux commandes, mais surtout attentif à ne pas se censurer. A la fin de sa carrière, il travaillera sur des toiles partiellement brûlées et, à l’imitation de Pollock, sur le dégoulinement de la peinture sur une surface verticale.

 L’exposition insiste sur l’osmose entre Miró et son temps. Il n’a été militant de la gauche catalane que marginalement. Mais ses œuvres sont pénétrées de la souffrance du peuple catalan sous l’interminable dictature franquiste.

  Illustration : « l’échelle de secours » de Joan Miró, 1971.

Noce à Léoncel

L’ancienne abbaye cistercienne de Léoncel, aux confins du Vercors, est un magnifique édifice roman. Nous y avons assisté au mariage de Sabine et Alexandre, ce dernier étant le fils de Philippe, mon ami d’enfance.

 Le cadre multi-centenaire de l’abbaye, la confiance qu’exhalent les jeunes époux, la qualité des textes et de la musique, le sentiment de réussite sociale qui se déprend de l’assemblée, tout semble annoncer une cérémonie sans surprise. C’est sans compter sur l’audace du prédicateur. Pour lui, la religion chrétienne est corporelle. Dans l’Eucharistie, on mange le corps du Christ comme dans le mariage les époux « mangent » le corps de leur partenaire.

 La soirée est organisée sous un chapiteau planté dans un village de montagne. La chaleur des retrouvailles et la virtuosité des « metteurs en boîte » peinent à faire oublier le froid mordant qui s’insinue par les ouvertures de la toile.

 Un ami des mariés souligne que d’ordinaire on se marie, puis l’on fait un enfant et on retape la maison. Alexandre et Sabine se sont occupés de la maison, puis de l’enfant et nous offrent maintenant la joie d’une fête.

 On évoque le Japon, l’habitat durable, les anciens présents et disparus, les enfants devenus adultes et les petits enfants que l’on accueille. Ce mariage nous met au cœur d’une saga, celle de la vie que l’on reçoit et que l’on transmet.

Photo « transhumances »