Une vie d’homme

Je viens de participer à Lille aux funérailles de mon oncle Alfred. L’occasion de réfléchir à ce que représente une vie d’homme.

 Mon oncle Alfred est décédé à l’âge de 94 ans. Il aura donc bien vécu, comme l’on dit. Quelle est l’empreinte que laisse cette longue vie d’homme ? Deux filles, trois petits enfants, quatre arrière petits-enfants. Le souvenir d’un homme extraverti qui captivait les convives des banquets de communion solennelle par le récit de ses exploits, de ses étonnements et des ses indignations à grand renfort d’éclats de rire communicatifs. Continuer la lecture de « Une vie d’homme »

Les Beaux Jours

Le film « les Beaux Jours » de Marion Vernoux raconte l’aventure amoureuse vécue par une femme qui se croyait hors d’âge pour des aventures.

 Le film a pour cadre Dunkerque, dont la longue plage marque une frontière. Des ferries entrent et sortent du port. Sur le sable, sur la promenade maritime, les habitants observent leur mouvement comme quelque chose qui ne les concerne pas. Eux touchent à une limite, mais restent en-deçà de la ligne. Continuer la lecture de « Les Beaux Jours »

La double vie de Sarah Bernhardt

« Ma double vie » devait être le premier tome de l’autobiographie de Sarah Bernhardt (Feuilletto, 2012). Ecrit en 1907, le livre couvre la période qui s’étend de la naissance de Sarah (1844) à sa première tournée triomphale aux Etats-Unis (1880 – 1881). L’actrice est morte en 1923 sans avoir poursuivi ce travail.

 J’ai eu envie de lire la biographie de Sarah Bernhardt en visitant à la Pinacothèque de Paris l’exposition sur l’Art Nouveau. On y trouve en effet des affiches d’Alfons Mucha faisant la promotion de son théâtre et un autoportrait sculpté. Non conventionnelle, féminine, libre, pluridisciplinaire, la comédienne a partie liée avec un mouvement artistique tout entier construit sur la nature, la féminité et l’application aux objets de la vie quotidienne. Continuer la lecture de « La double vie de Sarah Bernhardt »

La belle endormie

La Belle endormie (La bella addormentata), film de Marco Bellochio, nous plonge au cœur d’une controverse qui a profondément divisé les Italiens à la fin 2008 et au début 2009 : à la demande du père d’Eluana Engaro, dans le coma depuis 17 ans, un tribunal avait autorisé  l’interruption de son alimentation artificielle.

 Le Président du Conseil Silvio Berlusconi avait utilisé cette situation pour souder autour de lui l’opinion catholique. Au nom du respect absolu de la vie, il avait déposé en urgence un projet de loi obligeant à maintenir l’assistance mécanique à la vie de personnes comateuses, ce qui aurait obligé à rebrancher les appareils maintenant en vie Eluana. Le film se déroule début février 2009, six semaines après qu’Eluana eut été débranchée : elle est transférée à l’hôpital d’Udine pour y mourir ; à Rome, les Députés sont réunis pour voter le projet de loi de Berlusconi. Continuer la lecture de « La belle endormie »