Prière des Musulmans en France

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Le récent sondage de l’édition électronique du Monde sur la question de la prière des Musulmans dans la rue fait apparaître une majorité en faveur de leur interdiction « absolue ». Je ne m’attendais pas à un tel résultat.

Le résultat du sondage révèle que 48% des lecteurs ayant voté sont en faveur de l’interdiction absolue de prières collectives dans la rue. Les autres se partagent entre deux autres manières de voir la question : construire des mosquées et transformer des lieux clos (grandes salles par exemple) en lieux de prière.

Je crois pour ma part qu’il faut encourager la construction de mosquées comme d’églises et de synagogues et permettre aux croyants de pratiquer leur foi collectivement sans se sentir marginalisés ou suspectés. Je n’ai pas de réticence à l’égard de prières dans la rue, pas plus que je n’en ai pour les messes en plein air.

Il faudrait interpréter le sondage. Il mêle probablement les réponses de personnes qui au nom de la laïcité souhaitent cantonner la religion à la sphère privée, et d’autres pour qui l’Islam doit être combattu car il est synonyme d’islamisme et qu’il charrie guerre sainte et fanatisme.

L’une et l’autre attitudes me semblent erronées. La laïcité marche de concert avec la tolérance et ne me semble pas faire bon ménage avec quelque interdiction « absolue » que ce soit. La diabolisation de l’Islam ne rend pas justice aux hommes et aux femmes musulmans qui, dans l’histoire et aujourd’hui, vivent leur religion comme une humble acceptation de notre condition d’humains, frères et sœurs devant Dieu.

L’Islam est le nouveau cheval de bataille de l’extrême droite, en France et ailleurs en Europe. Il est temps de réagir.

Photo « transhumances »

Inception

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Le film « Inception » de Christopher Nolan, avec Leonardo DiCaprio dans le rôle principal, est par certains aspects frustrant. Mais il mérite d’être vu.

J’ai été loin de comprendre toutes les péripéties de « Inception », et le fait de l’avoir vu en anglais n’explique pas seul mon embarras. J’ai été aussi gêné par les fusillades, les poursuites, les flots d’hémoglobine dignes d’un James Bond, l’humour en moins.

L’idée de base du film est pourtant passionnante : il est possible d’extraire des secrets de personnes endormies par des drogues, ou de leur infuser des idées, au moyen d’une gestion coordonnée – et manipulée – de leurs rêves.

Les règles de l’extraction (ou de l’infusion – « inception ») sont qu’il existe des profondeurs différentes de rêve. Si l’on descend d’un niveau, le temps se ralentit dans une proportion d’un à dix, un mois valant une dizaine d’années. Au sein d’un groupe de rêveurs coordonnés, un participant est chargé de l’architecture du paysage des rêves ; cette architecture échappe aux lois qui régissent le monde éveillé, en particulier la gravité. Il n’est possible de remonter d’un niveau de rêve au niveau supérieur, et finalement au monde éveillé, que sous l’emprise du choc que représente sa propre mort ; cette règle est évidemment très dangereuse si  on croit rêver et que l’on se trouve bel et bien éveillé.

« Inception » est un film à gros budget. Il en rajoute dans les effets spéciaux. Le résultat est plusieurs fois exceptionnel, comme cette promenade dans Paris où le paysage urbain se plie devant les promeneurs rêveurs et se replie dans leur ciel, rendant vides de sens les trois dimensions.

Photo du film « Inception ».

Ashmolean Museum à Oxford

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L’exposition « les Préraphaélites et l’Italie » nous a donné l’occasion de connaître le Musée Ashmolean d’Oxford, qui vient d’être rénové.

A vrai dire, l’exposition « les Préraphaélites et l’Italie », qui s’est achevée le 5 décembre, nous a déçus. Nous aimons cette « fraternité » de peintres anglais du milieu du dix-neuvième siècle qui prétendait renouer avec la spontanéité et la naturalité d’avant Raphaël : Rossetti, Hunt, Millais ont profondément marqué l’esthétique en Grande Bretagne. Mais les tableaux rassemblés ne sont pas les meilleurs et leur éclairage est détestable. L’intérêt de l’exposition repose principalement sur l’évocation de la personnalité de Ruskin, un passionné de l’art italien, qu’il fit connaître et préserver ; Ruskin fut un sponsor des préraphaélites. Les peintures du lac de Côme ou de la cathédrale de Lucques ont ranimé de chers souvenirs.

Il est étonnant que la mise en scène de l’exposition ait été ratée. La rénovation de l’Ashmolean, qui se flatte d’être le premier musée public de Grande Bretagne (depuis 1683) est un grand succès. Le musée offre un condensé de l’art à travers les époques et les continents. Les pièces présentées sont souvent exceptionnelles, et l’éclairage souligne leur beauté. Les explications sont lisibles. Nous regrettons de n’avoir le temps de louer un audio-guide : il constitue certainement un cours d’histoire de l’art complet, appuyé sur la matérialité des collections présentées.

Illustration : Le premier anniversaire de la mort de Béatrice par Dante Gabriele Rossetti. Site Internet de Ashmolean Museum : http://www.ahsmolean.org.uk