Christmas Party

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La Christmas Party est un moment fort de la vie de la structure de 150 personnes que je dirige en Grande Bretagne.

Le Social Committee, chargé de l’organisation des fêtes de l’entreprise, a réservé cette année une magnifique salle du siège de la British Medical Association à Londres. La contribution est de £10 pour les membres du personnel, de £15 pour leurs « partners », terme politiquement correct pour désigner leur conjoint de l’un ou l’autre sexe.

Un autocar nous amène de Watford à Londres. Beaucoup de convives ont revêtu la tenue de soirée, mais la tenue de ville ne choque pas. La soirée commence par un apéritif au champagne. Une caricaturiste croque le portrait de plusieurs convives, et c’est une occasion de rires et de commentaires partagés. Le dîner est organisé par tables de huit ou dix convives en fonction des désirs de participants. Ils souhaitent en général se retrouver avec ceux qu’ils connaissent bien, de sorte que la géographie de la salle est le reflet presque exact de l’organigramme : Risques, Contentieux, Commercial…

La musique de fond s’interrompt entre l’entrée et le plat principal pour le discours que je prononce en tant que Managing Director. Dans l’après-midi a éclaté comme un coup de tonnerre avec la nouvelle de l’éviction de notre directeur général à Paris, Jérôme Cazes. Je rappelle combien Jérôme a fortement marqué tous les aspects de notre vie d’entreprise. Je dis aussi qu’il ne faut pas avoir peur du changement car, de restructurations en plan de crise, nous avons fini par l’apprivoiser ! Depuis trois ans, nous avons progressé, nous sommes plus présents sur notre marché, nous connaissons mieux nos risques, nous travaillons davantage en équipe.

Au dessert, « Father Christmas » fait son entrée et préside au tirage d’une loterie. Commence alors le disco et l’open bar. Ce que j’écrivais en 2006 du « Jantar de Natal » à Lisbonne se vérifie de nouveau. « Plusieurs jeunes femmes se lancent dans la danse, on va d’une table à l’autre pour se saluer, se retrouver et passer un moment ensemble. C’est comme si l’entreprise quittait sa personnalité juridique pour prendre corps,  ou plus précisément pour prendre la forme de dizaines de corps en mouvement, des corps en couleurs et en clameurs, des corps rythmés qui se révèlent, se rapprochent et se détachent. »

En observant la piste de danse, je me rends compte de l’internationalité de notre entreprise : il y a probablement là une bonne vingtaine de nationalités représentées, des cinq continents. Malgré l’alcoolémie croissante de quelques jeunes collaborateurs qui dansent bouteille de bière à la main, l’ambiance est franchement gaie, détendue et amicale. Nous passons un bon moment, typiquement londonien par sa tranquille simplicité.

Photo de Londres à l’approche de Noël, Blanca Majó / José Pastor

A La Réunion, le Domaine du Grand Hazier

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A Sainte Suzanne, à 20km à l’est de Saint Denis de la Réunion, on visite la maison et le verger tropical du domaine du Grand Hazier (hazier signifie bosquet en vieux français). Avec cet article s’achève la série consacrée à notre voyage à La Réunion en novembre 2010.

La grande maison se trouve à l’extrémité d’une allée bordée de cocotiers au milieu de champs de canne. De magnifiques flamboyants bordent l’ancienne écurie, aujourd’hui transformée en vanillerie.

La maison elle-même, construite en 1913, est en mauvais état, malgré une première vague de restaurations il y a quelques années. D’autres travaux sont prévus après la prochaine saison des pluies. Elle permet toutefois de se rendre compte de l’architecture créole. Nous sommes accueillis par une vaste varangue (terrasse), l’une des quatre que compte la maison, une par façade. Toutes les portes sont ouvertes, y compris celle de la vaste chambre où est alitée l’ancêtre du domaine, une dame de 93 ans qui a initié les visites du domaine et se trouve maintenant grabataire. La télévision à écran plat est la seule concession à la modernité.

La visite est guidée par Joseph Chassagne, son neveu. Il nous emmène dans le bureau de son grand-père, qui acheta en 1903 ce domaine dont l’existence remonte au dix-huitième siècle. Il commente la correspondance entre celui-ci et son père alors qu’âgé de 15 ans, il partit faire ses études en métropole vers 1860. Il nous montre le registre des ouvriers agricoles pendant la première guerre mondiale : plusieurs quittent le domaine car ils sont mobilisés pour participer au conflit dans le nord de la France.

Nous visitons le verger tropical. Des mots abstraits prennent soudain la consistance de fibres, de volumes, de couleurs et de parfums : camphre, cannelle, cacao. Il y a des ananas, des manguiers, des letchis. Des bambous poussent de 40cm par jour, jusqu’à atteindre 25 mètres de hauteur. Suspendus à des lianes enroulées autour de troncs d’arbre, les jacques peuvent peser plus de 20 kg : on en fait de délicieux caris, associés à de la viande de porc fumée (boucanée). Nous découvrons des saveurs inconnues, telle celle du bilimbi, acide comme le citron. Nous humons les essences des feuilles de l’arbre « quatre épices ».

Nous sommes enivrés de sensations.

Photo « transhumances ».

A la Réunion, les cascades Langevin

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Les cascades Langevin sont l’une des attractions touristiques du Sud de l’Ile de La Réunion.

La Rivière Langevin prend sa source dans une gigantesque anfractuosité au flanc du Piton de La Fournaise, le volcan de La Réunion. On remonte son cours sur plusieurs kilomètres avant de rencontrer une première cascade, puis, après quelques lacets abrupts, une seconde, plus majestueuse.

Nous nous baignons dans l’eau turquoise de la première cascade. L’eau est froide et s’immerger demande un effort. Mais une fois dans l’eau claire, l’expérience vaut la peine. On nage au coeur d’un vaste théâtre minéral et végétal bordé de parois vertigineuses. Malgré le crépitement des chutes, on discerne le chant des oiseaux qui survolent le site. Le corps est lavé des poussières et de la sueur accumulées sous la chaleur tropicale. On plonge la tête sous l’impact des chutes, et l’on admire le bouillonnement sous la surface.

La Réunion était considérée au dix-septième siècle comme un refuge miraculeux par les marins de l’Océan Indien. Ils y faisaient provision d’une eau douce pure et fraîche. Visiter la ravine Langevin, c’est renouer avec l’histoire.

Photo « transhumances »

Back to Versailles

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La presse mondiale a publié en bonne place la photo du Prince Charles et Camilla dans leur Rolls Royce prise à partie par des manifestants.

Dans The Guardian du 11 décembre, Martin Rowson revient sur cet épisode. Le Parlement Britannique vient de voter une forte augmentation des frais d’inscription à l’Université. La manifestation d’étudiants dégénère. La voiture du Prince Charles et de Camilla, qui se rendaient à une soirée, est bombardée de projectiles.

Dans le dessin de Martin Rowson, la Rolls est conduite par le Chancelier de l’Echiquier George Osborne, qui semble foncer cyniquement sur la foule. A ses côtés, le Premier Ministre David Cameron, anxieux, tire la langue. Sur le tableau de bord, le ministre Libéral Démocrate Vince Cable, qui se trouve ironiquement chargé du dossier, est dans le rôle d’un  toutou mécanique désarticulé. La légende dit « sans rancœur, même s’il est encore vice premier ministre » : il s’agit de Nick Clegg, que l’affaire des droits d’inscription, qu’il avait promis de supprimer avant de gober leur augmentation massive, place dans une position intenable.

A l’arrière de la voiture, Camilla semble stupéfaite. Charles, rouge de peur et de colère, ordonne au chauffeur « pour l’amour de Dieu, ramenez-nous à Versailles ! ».

Illustration : dessin de Martin Rowson dans The Guardian.