En passant par la Lorraine

Des Lorrains passionnés nous ont transmis, l’espace d’un week-end, l’amour de leur région.

 La famille de Ludovic, le compagnon de notre fille Florence, nous a fait découvrir avec passion sa région, entre Nancy, Toul et Commercy. « Nancy en hiver » chantait Joe Dassin dans « le café des trois colombes ». C’est le même contraste entre la chaleur d’un moment de découverte partagée et la froide obscurité d’un week-end de janvier que nous avons vécu, et nous nous trouvons déjà imprégnés de la nostalgie de la chanson de Dassin.

 Emerveillement de l’Art Nouveau, au Musée de l’Ecole de Nancy, et aussi pour le somptueux décor de la brasserie Excelsior et le mobilier de la « Pharmacie Art Nouveau » de Commercy.

 Splendeur de l’architecture classique du dix-huitième siècle, celle de la place Stanislas, et aussi du château de Commercy, construit sur les fondations d’une forteresse en aplomb d’un canal.

 Rencontre des cultures à la basilique Saint Nicolas de Port qui conserve les reliques d’un saint né dans l’actuelle Turquie et reçoit des pèlerinages orthodoxes. La construction, de style gothique tardif, est faite d’une belle pierre blanche. A la croisée du transept, une colonne est droite, mais la colonne symétrique est torsadée : peut-être un symbole de la distance entre occident et orient ?

 Délices de la liqueur de mirabelle, des macarons de Nancy et des madeleines de Commercy.

 Plaisir de découvrir une région guidés par ceux qui l’habitent et qui l’aiment.

 Photo « transhumances » : la Place Stanislas à Nancy.

Optimisme

En Europe, l’heure est au pessimisme, pour ne pas dire à la désespérance. Une vision plus large du monde relativise cette sinistre vision et incite à l’optimisme.

 Une fois par an, en janvier, le Colloque Coface Risque Pays offre aux acteurs économiques et financiers des informations et des points de référence sur comment va le monde.

 L’édition 2012 a manifesté le gouffre ouvert entre l’Europe et le reste du monde, en particulier l’Asie. Là où les intervenants européens au colloque consacraient du temps à parler de ce qui aurait du être fait il y a deux ans pour éviter la crise grecque et protéger l’euro, une économiste chinoise évoquait les défis que son pays devra affronter dans les trente prochaines années. D’un côté, doute, indécision, stagnation. De l’autre, enthousiasme, énergie, projets.

 L’Europe est-elle vraiment condamnée à une décennie perdue, au gaspillage de sa jeunesse, au déclin ? N’a-t-elle d’horizon que le vieillissement démographique, la récession économique et la régression sociale ? N’a-t-elle pour projet que de devenir une gigantesque maison de retraite dont les pensionnaires ne songeraient qu’à conserver, aussi longtemps que faire se peut, leur qualité de vie ?

 Le fait que les Chinois, les Turcs, les Brésiliens et même, malgré leurs déchirements, les Nigérians se projettent dans l’avenir est une bonne nouvelle pour les Européens. A court terme, leurs pays vont continuer à acheter des produits et services européens. Pour cela, la récession molle qui s’annonce ne devrait pas se transformer dans la catastrophique dépression des années 1930.

 Surtout, l’appétit de vivre et de croître des pays émergents et les défis qu’ils rencontrent pour que cette croissance soit soutenable et respectueuse de l’environnement recèlent pour l’Europe des opportunités formidables. Beaucoup de Français le savent, qui parcourent le monde pour leur plaisir ou au service d’une entreprise. Il y a des marchés à prendre, des idées à développer sur les cinq continents. Nous commençons à développer des technologies vertes : c’est de celles là que les pays de forte croissance ont dès maintenant besoin.

 L’enthousiasme des jeunes Indonésiens, Ghanéens ou Péruviens est une bonne nouvelle pour les jeunes Européens. Il élargit le champ des possibles, il ouvre des communautés d’intérêt dans lesquelles on peut innover et de grandir ensemble au-delà des frontières. Le nombrilisme mène l’Europe à la désespérance. Une vision résolument internationale incline à l’optimisme.

 Photo The Guardian : piétons sur un pont à Nairobi, Thomas Mukoya

La Dame de Fer

Le film de Phyllida Lloyd « The Iron Lady » (La dame de fer) raconte la carrière exceptionnelle d’un personnage révéré et haï dans son pays et à l’étranger : Margaret Thatcher.

 Margaret Thatcher n’est pas morte que déjà l’organisation de ses obsèques nationaux est commentée par les journaux britanniques. Et c’est une Thatcher vieillie et même sénile que nous présente le film réalisé par Phillida Lloyd et écrit par Abi Morgan. Dans la première scène, elle va elle-même acheter son lait et provoque la panique de l’équipe de sécurité censée la protéger, d’abord contre elle-même. Revenue chez elle, elle se plaint de la hausse du coût de la vie. Margaret se retrouve en terrain connu : elle était fille d’épicier et aux anciens élèves d’Eton qui constituaient (et constituent encore) l’épine dorsale du Parti Conservateur, elle fait la leçon en citant le prix d’articles du panier de la ménagère.

 Thatcher a toujours pensé pour agir, et agir pour changer les choses. A l’approche de la mort, il lui faut apprendre à être. Elle a toujours tracé son chemin seule, seule femme dans un monde d’hommes. Mais lorsque Dennis, son mari, la laisse veuve, elle ne ressent que vide et désespoir.

 Le film est construit autour de flash-back, dans lesquels Maggie se rappelle de moments-clés de sa vie, sa vie à l’épicerie familiale, le Blitz, la première campagne électorale, la rencontre avec Dennis, la bataille pour le leadership du parti Tory, les grèves de mineurs, l’attentat de l’IRA à Brighton, la sourde-oreille à la grève de la faim de Bobby Sand, la guerre des Malouines et finalement la bataille de trop et la révolte des députés Tory qui la contraignent à la démission. « Je me suis battue à chaque instant de ma vie », dit Maggy aux généraux venus lui présenter des plans de reconquête des Malouines.

 Le film nous incite à la pitié pour la personne délabrée que la femme de fer est devenue dans son grand âge. Il nous fait admirer sa détermination malgré les épreuves. Il nous montre la fermeté de ses convictions : la protection sociale infantilise les gens, il ne faut pas avoir peur du succès, il faut encourager l’esprit d’entreprise. Il s’attarde longuement sur la victoire des Malouines. Il présente Callaghan et les Travaillistes comme des velléitaires et des faibles.

 Il est certain que « La Dame de Fer » est un film apologétique, et le Parti Conservateur ne cache pas sa satisfaction. Il reste qu’il ose s’intéresser à un personnage considérable de l’histoire contemporaine de la Grande Bretagne et que la performance de Meryl Streep dans le rôle principal est remarquable.

Stephen Hawking : Soyez curieux !

En raison de son état de santé, le cosmologiste britannique Stephen Hawking n’a pu assister aux célébrations de son soixante-dixième anniversaire à Cambridge. Mais il a laissé un message : « soyez curieux ! ne renoncez pas ! »

 Lorsqu’à l’âge de 21 ans, Stephen Hawking fut diagnostiqué une maladie neurologique dégénérative, le pronostic des médecins était que le patient n’avait que quelques années à vivre. La célébration de son soixante dixième anniversaire tient en elle-même du miracle, même si la maladie ne cesse de gagner au point de rendre pratiquement inopérant le système qui, par des contractions de sa joue interprétées par un ordinateur, lui permet de « parler »  d’une voix synthétique.

 Hawking a laissé un message à ses collègues de Cambridge. « Rappelez-vous de lever les yeux vers les étoiles et de ne pas regarder vos pieds. Essayer de faire du sens à partir de ce que vous voyez et au sujet de ce qui fait que l’univers existe. Soyez curieux. Et quelque difficile que la vie puisse sembler, il y a toujours quelque chose que vous pouvez faire et réussir. Ce qui importe, c’est simplement que vous ne renonciez pas ».

 Dans son adresse, Hawking parle de sa scolarité médiocre à St Albans (à 10km de Watford et 40km de Londres) où il avait grandi.

 Il conclut ainsi : « notre image de l’univers a beaucoup changé dans les 40 ans passés et je suis heureux d’y avoir apporté une petite contribution. Le fait que les humains – qui sommes nous-mêmes de simples collections de particules de la nature – ont été capables de tant s’approcher d’une compréhension des lois qui nous gouvernent, nous et notre univers, est un grand triomphe. »

 Photo « The Guardian » : Stephen Hawking