Je suis le Libanais

Dans « Io sono il Libanese » (Einaudi, 2012, traduit en français sous le titre « je suis le Libanais »), Giancarlo de Cataldo raconte les débuts d’un futur patron de la pègre à Rome.

 Giancarlo de Cataldo est juge d’affaires criminelles à Rome. Il est aussi l’auteur de polars fondés sur la réalité historique du crime en Italie, dont le plus célèbre est « Romanzo criminale », publié en 2002, qui raconte la vie de la Magliana, une bande de truands à Rome entre 1978 et 1992. « Je suis le Libanais » remonte au début des années 1970 et se polarise sur le futur boss de la bande, surnommé Le Libanais. Continuer la lecture de « Je suis le Libanais »

L’écrivain

Dans « L’Écrivain », publié en 2001 sous son pseudonyme Yasmina Khadra, Mohamed Moulessehoul raconte son passé d’enfant soldat et l’émergence de sa vocation littéraire.

 Mohamed Moulessehoul, né en 1955 dans le Sahara algérien, est fils d’un infirmier devenu pendant la guerre d’Algérie officier de l’Armée de Libération Nationale et d’une nomade. À l’âge de neuf ans, son père l’emmène dans l’école de cadets d’El Mechouar, près de Tlemcen. « L’écrivain » est une autobiographie qui commence au moment de cet abandon et s’achève lorsque, en possession du bac, Mohamed doit choisir entre la carrière d’officier et sa vocation d’homme de lettre. Ce n’est qu’à partir de 2000 que, ayant pris sa retraite de l’armée après avoir participé aux opérations militaires contre les maquis islamistes dans les années quatre-vingt dix, il se consacre à plein temps à son œuvre littéraire. Continuer la lecture de « L’écrivain »

Into that darkness

Traduit en français sous le titre « au fond des ténèbres », le livre de Gitta Sereny (1974) explore la conscience du commandant du camp d’extermination de Treblinka.

 Le titre anglais est « into that darkness, from mercy killing to mass murder » : pénétrer dans cette obscurité, de la mise à mort compassionnelle au meurtre de masse. L’auteur est Gitta Sereny (1921 – 2012). Née à Vienne d’un père protestant hongrois et d’une mère juive, elle s’occupa pendant la guerre d’enfants réfugiés en France puis s’exila aux Etats-Unis. Après la guerre, elle fit partie d’un programme d’aide des Nations Unis aux réfugiés en Allemagne, puis s’installa en Grande Bretagne. Elle assista au procès de Nuremberg en 1945 et s’intéressa au cheminement qui conduisit des êtres humains présumés normaux à commettre des crimes contre l’humanité. Continuer la lecture de « Into that darkness »

La Princesse de Clèves, Sarkozy et Ida

« La Princesse de Clèves », roman historique publié par Marie Madeleine de Lafayette en 1678, est considéré comme une œuvre majeure de la littérature française. Les thèmes qu’il évoque, l’amour passionnel, la fidélité, le sacrifice du bonheur personnel, ont été déclinés par nombre d’œuvres littéraires, théâtrales ou cinématographiques jusqu’à aujourd’hui.

Avant que Jean-François Coppé fasse à son corps défendant (si on peut dire) la promotion de « Tous à poil », un autre membre illustre de l’UMP fit de « La Princesse de Clèves » un succès de librairie. En février 2006, Nicolas Sarkozy disait à des fonctionnaires : « L’autre jour, je m’amusais, on s’amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur “La Princesse de Clèves”. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de “La Princesse de Clèves”… Imaginez un peu le spectacle ! » Continuer la lecture de « La Princesse de Clèves, Sarkozy et Ida »